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Madagascar: un enfant tué, plus de 30 blessés dans l'explosion d'une grenade à Antananarivo

25/01/2014 01:13 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

L'explosion d'une grenade samedi à Antananarivo a fait un mort, un enfant de deux ans, et plus de trente blessés, à proximité du stade où a eu lieu le même jour l'investiture du nouveau président malgache Hery Rajaonarimampianina.

"Il y a 33 blessés et un mort, un enfant de deux ans", a déclaré le ministre de la Sécurité Intérieure Arsène Rakotondrazaka sur les lieux de l'explosion dans la capitale malgache. Quelques minutes plus tôt, une source de la gendarmerie avait fait état de 37 blessés et d'un mort également.

L'explosion s'est produite à proximité d'un arrêt de bus à environ 200 mètres du stade municipal de Mahamasina où s'était tenue la cérémonie d'investiture du président dans la matinée, suivie d'un concert pour célébrer son accession au pouvoir.

La grenade a explosé juste à la fin du concert, a indiqué à l'AFP un agent des forces de l'ordre, sous couvert de l'anonymat. Selon cette source, un homme blanc marchant à pied a lancé la grenade et s'est enfui en courant. La foule a vainement tenté de le rattraper.

Ce samedi était le jour de l'investiture du nouveau chef de l'Etat, démocratiquement élu après presque cinq ans d'un régime de "transition", non élu, issu d'un coup de force en 2009.

Hery Rajaonarimampianina, qui était le candidat soutenu par le président du régime sortant Andry Rajoelina, s'est fait samedi le champion de l'unité nationale, annonçant une politique de la main tendue au camp de l'ex-président Marc Ravalomanana, renversé par Rajoelina en 2009.

Son adversaire, battu lors du scrutin présidentiel du 20 décembre, Robinson Jean Louis, avait reconnu pour la première fois sa défaite la veille.

Madagascar tente, avec l'élection de M. Rajaonarimampianina, de sortir de la crise où l'a plongé le renversement du président Marc Ravalomanana en 2009.

Présent à la cérémonie, M. Jean Louis a promis une opposition exemplaire. "Cette fois-ci, l'opposition sera capable de conseiller l'État" au lieu de "s'opposer toujours, perturber et descendre dans la rue", a-t-il dit à la presse.

La directrice de la Banque mondiale (BM) à Madagascar, Haleh Bridi, s'est dite "très encouragée par le discours du nouveau président. "C'est un discours absolument fabuleux, plein d'espoir", a également salué la ministre française de la Francophonie Yamina Benguigui.

Le processus électoral, qui s'est déroulé dans le calme, était considéré comme l'indispensable premier pas pour sortir de la grave crise politique, économique et sociale qui a profondément appauvri Madagascar, mise au ban des Nations depuis près de cinq ans.

La Banque mondiale relève que la croissance du pays a été nulle sur la période de 2009-2013, alors qu'elle était de 5% en moyenne sous Marc Ravalomanana -- c'était avant la crise financière mondiale. La population continuant à augmenter, le revenu par habitant est retombé à son niveau de 2001, et plus de 92% des Malgaches vivent désormais avec moins de 2 dollars par jour.

La communauté internationale, qui se dit prête à aider à nouveau la Grande Ile quand le processus de retour à l'ordre constitutionnel sera achevé sans heurts, avait empêché MM. Rajoelina et Ravalomanana de se présenter directement à la présidentielle, craignant des troubles.

Les deux principaux protagonistes de la crise malgache depuis 2009 se sont donc affrontés par candidats interposés, l'ancien ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina pour l'un, l'ancien ministre de la Santé Robinson Jean Louis pour l'autre.

Hery Rajaonarimampianina, un ancien comptable de 55 ans, l'a emporté au second tour avec 53,49% des voix. Il a été accusé par ses adversaires d'avoir couvert les trafics du régime de Transition (bois de rose, pierres précieuses, etc.), ce qu'il a toujours nié.

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