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Tragédie de L'lsle-Verte: Pauline Marois écourte sa mission économique en Europe (VIDÉO)

24/01/2014 11:24 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

DAVOS, Suisse - Pauline Marois a écourté de 24 heures son séjour en Europe, et elle sera à L'Isle-Verte dimanche pour être auprès des familles éprouvées par l'incendie meurtrier de la Résidence du Havre.

La première ministre a indiqué vendredi qu'elle avait annulé ses rencontres d'affaires prévues samedi pour rentrer au Québec et se rendre dès le lendemain sur les lieux de la tragédie, où une cérémonie doit se tenir en mémoire des victimes.

«Je devais partir seulement dimanche matin et j'avais prévu des rencontres demain (samedi) à Zurich mais on a annulé tout ça», a dit Mme Marois, en point de presse, ajoutant que le gouvernement mettra «tout en oeuvre» pour venir en aide aux gens et aux familles éprouvés.

Avant de clore sa participation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, la première ministre s'est réjouie des résultats de sa mission écourtée, entamée le 20 janvier à Londres. Elle a fait quatre annonces pendant son séjour, pour des investissements totaux d'un peu plus de 450 millions $ et qui devraient créer environ 600 emplois.

«À ces emplois s'ajoute toute la prospérité engendrée par les phases de construction et les emplois indirects dans les régions qui vont bénéficier de ces projets. Au regard de ce bilan, nous pouvons dire mission accomplie», a déclaré la première ministre.

À elle seule, l'implantation d'ici la fin de 2016 d'une usine de silicium métal par la société espagnole FerroAtlàntica — fruit de négociations amorcées l'an dernier à Davos — nécessitera un investissement de 375 millions $. Quelque 300 nouveaux emplois sont espérés. Reste maintenant à attendre la décision de l'entreprise quant au lieu d'établissement de la future usine.

L'expansion du producteur de jeux vidéo Ubisoft à Québec (28 millions $ sur trois ans), l'ouverture d'un bureau du fonds de capital de risque techno White Star Capital (dans lequel Québec verse 10 millions $) et l'implantation à Montréal d'un studio de production d'effets visuels par la firme anglaise Cinesite (53 millions $) complètent le tableau.

Le gouvernement du Québec a déployé l'habituel chapelet de crédits, congés fiscaux et autres subventions pour obtenir les faveurs des investisseurs. Dans le cas de FerroAtlàntica, il a aussi offert de l'énergie au rabais. Ces avantages sont inscrits dans la politique «Priorité emploi» présentée l'automne dernier dans l'espoir de stimuler l'économie chancelante.

Mme Marois a dit avoir eu une douzaine de rencontres de haut niveau durant sa visite chez les Helvètes, entre autres avec les dirigeants de l'équipementier de télécommunications Ericsson, Schneider Electric, AB Volvo et Medtronic, qui oeuvre dans le secteur des technologies médicales.

D'autres projets d'investissement pourraient être dévoilés avant l'arrivée des beaux jours, a affirmé la première ministre péquiste.

«Il y a plusieurs plats au feu, certains (projets) sont avancés, pour ne pas dire très avancés, et pourraient mener à des annonces d'ici le début de l'été», a-t-elle dit.

Mme Marois s'est aussi entretenue avec des dirigeants d'entreprises minières dans l'espoir d'améliorer la cote de son gouvernement dans cette industrie.

Si la nouvelle formule de redevances suscite des grincements de dents chez les grands patrons, le nouveau régime minier adopté à la 11e heure en décembre au terme d'un long débat partisan leur offre à tout le moins de la prévisibilité.

«Évidemment, sont jamais contents parce qu'ils trouvent toujours qu'on en demande trop», a lancé avec candeur la chef du gouvernement avant de s'empresser de nuancer ses propos.

«Ils souhaitent toujours qu'on en demande le moins possible. Mais je crois qu'ils trouvent qu'on est raisonnable et pour eux, ce qui était important, c'est qu'ils puissent être capables de prévoir pour la suite des choses, connaître la politique de redevances, connaître la loi sur les mines et ça, c'est fait, c'est dernière nous», a-t-elle dit.

Quant au débat sur la charte des valeurs de laïcité, qui échauffe tant les esprits au Québec, la première ministre a soutenu qu'il n'en n'avait pas été question lors de ses rencontres avec les gens d'affaires.

«Personne, personne ne m'a parlé du débat sur la charte, a-t-elle insisté en pesant chacun de ses mots. Ils ne sont pas indifférents à ce qui se passe au Québec, mais ils en ont vu d'autres des débats de ce genre dans les pays d'où ils viennent.»

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