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Paris et Berlin convoquent l'ambassadeur d'Ukraine pour dénoncer les violences

24/01/2014 11:23 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Paris, Berlin et plusieurs autres capitales européennes, ont annoncé vendredi avoir convoqué l'ambassadeur d'Ukraine dans leur pays pour dénoncer la répression contre les manifestants à Kiev.

Le mouvement a été lancé vendredi matin par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Lors d'un entretien télévisé, il expliqué vouloir ainsi "montrer qu'il y a une condamnation de la part de la France".

Qualifiant la situation de "très difficile", il a appelé "au dialogue entre (le président Viktor) Ianoukovitch (...) et les représentants de l'opposition". "Je suis en contact en particulier avec (l'ancien boxeur Vitali) Klitschko, qui est un des grands dirigeants de l'opposition", a précisé le ministre français.

Berlin a employé des termes similaires quelques heures plus tard.

L'objectif de la convocation de l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne est de "signifier clairement la position du gouvernement allemand contre l'usage de la violence" et d'inciter à un "examen du paquet de lois contre les droits des citoyens" adopté la semaine dernière à Kiev, a expliqué le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schaefer, devant la presse.

Selon lui, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a téléphoné vendredi matin à son homologue ukrainien, Leonid Kojara, mais aussi à Vitali Klitschko.

M. Steinmeier a demandé à M. Kojara "que l'on cesse les brutalités contre les manifestants pacifiques", selon son porte-parole. "Nous soutenons les efforts de l'Union européenne pour susciter le dialogue à Kiev", a ajouté M. Schaefer.

Parmi les autres capitales européennes, Oslo, Stockholm et Tallin ont également convoqué l'ambassadeur ukrainien dans leur pays vendredi, alors que Varsovie et Riga l'avaient fait dès mercredi.

"Toutes les violences, et particulièrement les violences infligées par les forces de sécurité aux manifestants, sont inadmissibles et doivent être condamnées", a déclaré le ministre norvégien Boergen Brende, à l'agence norvégienne NTB.

A Dublin, le ministre irlandais des Affaires étrangères a précisé s'être entretenu jeudi avec l'ambassadeur ukrainien, mais que ce dernier avait été invité et non convoqué.

Le gouvernement bulgare n'a pas convoqué ni invité l'ambassadeur à s'expliquer, mais le président bulgare, Rossen Plevneliev, avait annoncé mercredi le report d'une visite en Ukraine prévue en mai, invoquant les "violations des droits de l'homme et l'instabilité politique dans ce pays".

Les Pays-Bas ont, de leur côté, indiqué que le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, avait appelé Leonid Kojara vendredi matin pour lui faire part de sa "préoccupation" quant à la situation en Ukraine et demander au gouvernement d'"abandonner la violence et d'engager le dialogue" avec l'opposition, selon un porte-parole joint par l'AFP.

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé en fin d'après-midi un remaniement du gouvernement et des amendements aux lois répressives controversées à l'occasion d'une session extraordinaire du Parlement prévue pour la semaine prochaine.

Le chef de l'Etat, qui avait rencontré peu avant le commissaire européen à l'élargissement Stefan Füle, a également averti qu'il emploierait "tous les moyens légaux" à sa disposition s'il ne trouvait pas de solution à la crise avec l'opposition.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, devait se rendre la semaine prochaine à Kiev pour rencontrer M. Ianoukovitch.

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