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L'industrie allemande remontée contre la fin d'exemptions sur l'électricité

24/01/2014 06:39 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Le gouvernement allemand veut taxer les industriels qui produisent leur propre électricité et cette disposition inquiète profondément l'industrie, très remontée vendredi contre le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel qu'elle encensait encore en début de semaine.

Tous les consommateurs de courant paient en Allemagne une taxe dont les recettes servent à financer le soutien aux énergies renouvelables. Mais quiconque génère en partie sa propre électricité, comme c'est le cas pour beaucoup de gros industriels tels Deutsche Bahn, BMW ou ThyssenKrupp, voit ce courant exempté de cet impôt.

La production des industriels représente entre 30 et 35 terrawatt-heures par an, selon une estimation de la fédération de l'énergie BDEW.

Dans le cadre de la refonte du soutien aux énergies vertes, pierre angulaire de la transition énergétique allemande, l'exemption doit sauter. La mesure figure dans une pièce jointe du projet de réforme présenté par M. Gabriel en début de semaine, et a suscité la consternation parmi les industriels.

Elle va conduire à "une surcharge insupportable" pour les entreprises concernées et est "inacceptable", a réagi la fédération EID des industries grosses consommatrices d'énergie, qui représente la sidérurgie, la chimie ou encore l'industrie du papier. La fédération prédit des coûts supplémentaires de 300 millions d'euros par an.

Avant que ce point ne soit connu, les grandes lignes du projet de M. Gabriel avaient pourtant recueilli en début de semaine le satisfecit de l'industrie. Le nouveau ministre prévoit de tailler dans le soutien aux renouvelables pour enrayer la hausse des prix du courant, ce qui lui a valu la critique des mouvements écologistes et des fédérations d'énergie verte.

"La somme des intérêts particuliers ne fait pas une bonne politique énergétique" a réagi M. Gabriel lors d'une conférence de presse aux côtés de la chancelière Angela Merkel, signalant son intention de ne pas se laisser démonter par les cris d'orfraie des uns et des autres.

Les exemptions accordées aux industriels allemands, dont ne bénéficient d'ailleurs pas seulement ceux qui produisent eux-mêmes de l'électricité, sont dans le collimateur de la Commission européenne qui y voit une distorsion de la concurrence. Berlin a promis de réformer le système pour satisfaire Bruxelles.

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