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Les mines du Groenland ne suffiront pas pour l'indépendance

24/01/2014 07:36 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

La richesse minérale du Groenland ne suffira pas pour obtenir l'indépendance et le pays restera dépendant des subventions danoises dans un futur proche, d'après une étude publiée vendredi.

"Bien que l'exploitation de ressources naturelles devienne importante pour le Groenland, ce n'est pas assez", souligne dans un communiqué un professeur de géologie de l'Université de Copenhague et également président de l'Université du Groenland Minik Rosing.

"En raison de son économie et de sa démographie, le Groenland devra mettre en oeuvre un éventail de mesures, y compris des subventions, dans un avenir prévisible", ajoute t-il.

Les subventions annuelles du Danemark prennent en compte la moitié de l'économie du territoire arctique, le reste venant principalement de l'industrie de la pêche.

L'île la plus grande du monde a fondé tous ses espoirs sur ses réserves minérales, y compris sur l'uranium, les terres rares et le pétrole.

Mais pour que le Groenland puisse se reposer sur ces mines, il faudrait que 12 mines de grande envergure soient opérationnelles d'ici 2040 et 5 d'entre elles devraient être en fonction à tout moment, d'après l'étude.

A ce jour, seulement six gisements majeurs ont été trouvés, "ce qui rend un tel objectif (...) peu réaliste", affirme t-il.

"De la manière dont on voit les choses, une manière envisageable pour le Groenland de tirer le plus profit de ses ressources naturelles serait de limiter le nombre de mines et de les placer dans des zones choisies avec soin", dit M.Rosing.

"Toutes les mines entraînent des effets indésirables, mais cela minimiserait leur impact culturel et environnemental", poursuit-il.

Le gouvernement social-démocrate en faveur de l'indépendance d'Aleqa Hammond avait remporté les élections législatives en mars 2013 sur la promesse du développement de l'industrie minière.

En octobre, le gouvernement avait célébré la première licence d'une grande exploitation minière au Groenland, qui consistait en un projet d'extraction de fer de l'entreprise britannique London Mining.

L'entreprise prévoit de construire le site minier dans trois ans, avec près de 3.000 mineurs embauchés, l'équivalent de plus de 5% de la population du Groenland qui s'élève à 56.000 habitants. La majorité d'entre eux viendrait de Chine.

Engager des travailleurs immigrés "empêcherait les locaux de développer les compétences requises pour occuper des emplois dans l'industrie. Cela réduirait les avantages sociaux", souligne le professeur.

Il exhorte aussi les législateurs de Nuuk (la capitale du Groenland) de mettre en place un fonds de richesse afin que le chiffre d'affaires issu de l'industrie minière bénéficie aux générations futures.

"Si tous les gisements de ressources naturelles connus sont exploités sans aucun plan d'épargne dans un fonds de richesse, la fortune nationale sera dilapidée", insiste t-il.

nsb/amp/abk

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