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Le virus de la diarrhée épidémique porcine a été détecté au Québec

24/01/2014 10:17 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT
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C'est l'inquiétude chez les éleveurs de porcs du Québec à la suite de la découverte du virus de la diarrhée endémique porcine à l'abattoir Olymel de Saint-Esprit, dans Lanaudière.

Le virus de la diarrhée épidémique porcine a été détecté pour la première fois au Québec mardi sur un quai de débarquement de l'abattoir Olymel, à la suite de tests de dépistage recommandés depuis juin dernier par l'Équipe québécoise de santé porcine.

Le virus n'était pas vivant, mais sa présence inquiète les producteurs qui craignent sa propagation.

« Si on a le virus qui se promène sur les quais de déchargement à Saint-Esprit, on peut contaminer tout le Canada. C'est aussi simple que ça. C'est un virus très virulent », affirme le président du Syndicat des producteurs de porcs de Lanaudière, Jacques Clermont.

Cette maladie se propage rapidement aux États-Unis, où elle a déjà tué des millions de bêtes depuis près d'un an. Au Canada, un cas de diarrhée épidémique porcine a été confirmé près de London, en Ontario.

Le virus ne présente pas de danger pour les humains, mais le taux de mortalité chez les porcelets atteints est particulièrement élevé.

Le président des éleveurs de porcs du Québec, David Boissonneault, affirme qu'à l'heure actuelle toute l'industrie est bien sensibilisée. « Il y a eu une très bonne réponse des éleveurs des transporteurs, des abattoirs parce que le monde est inquiet. On a vu à quelle vitesse ça s'est propagé aux États-Unis », affirme-t-il.

Contamination et transport

Le plus grand danger de contamination en ce moment proviendrait du transport des bêtes. Le vétérinaire François Cardinal, qui est chef du comité santé de l'Équipe québécoise de santé porcine, précise que le virus se propage par le fumier.

« La difficulté c'est que, comme le virus est très contagieux, le moindrement qu'un camion n'est pas suffisamment bien lavé ça ne pardonne pas et le virus se transmet. »

Pour l'instant, il n'existe aucun vaccin ou des antibiotiques pour enrayer le virus qui a pris les producteurs de porcs américains par surprise en avril dernier.

« Je ne vous cacherai pas que ça va être très difficile que ça reste seulement dans une ou quelques fermes canadiennes. Le défi est énorme, mais c'est quand même possible », ajoute M. Cardinal.

L'usine Olymel a déjà resserré ses procédures de nettoyage des camions et des aires de déchargement.

Les éleveurs de Lanaudière demandent maintenant à l'abattoir d'utiliser des quais de déchargement distincts pour les porcs qui proviennent de la région, ceux du reste de la province et les porcs de l'Ontario.

« Il faut être rigoureux et persévérer surtout. Ce n'est pas à cause qu'on a une présence d'un virus qu'il faut lancer la serviette. C'est seulement un signal de faire encore plus et d'exiger encore plus au niveau de la prévention au niveau des transports », affirme David Boissonneault.

Les pertes directes estimées pour les producteurs de porc seraient de l'ordre de 30 à 50 millions de dollars pour la première année advenant une propagation du virus.