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La livre continue son plongeon face au dollar et à l'euro, malgré la banque centrale

24/01/2014 12:02 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

La livre turque (LT) a continué vendredi à plonger pour enfoncer une nouvelle fois ses cours planchers historiques face au dollar et à l'euro, malgré une intervention urgente et massive la veille de la banque centrale.

La devise turque est tombée dans la journée jusqu'à 2,3360 LT pour un dollar et 3,2069 LT pour un euro, avant de légèrement se reprendre en fin de séance à 2,3310 LT pour un dollar et 3,1924 LT pour un euro.

Sur la même tendance, le principal indice de la bourse d'Istanbul poursuivait lui aussi son recul à 64.427,52 points (-1,53%).

S'exprimant depuis le Forum mondial de Davos, le vice-Premier ministre turc en charge de l'économie Ali Babacan a une nouvelle fois tenté de rassurer les marchés en parlant d'une baisse "passagère" de la devise nationale.

"Ceux qui ont placé leur confiance dans les performances et la stabilité à long terme de la Turquie ne le regretteront pas", a promis M. Babacan sur la chaîne de télévision NTV.

Jeudi matin, la banque centrale de Turquie est intervenue pour la première fois depuis deux ans directement sur les marchés en dépensant au moins 2 milliards de dollars sur les marchés pour soutenir la monnaie nationale.

Le répit n'a été de courte durée puisque la livre a repris sa descente en fin de journée et poursuivi sa chute tout au long de la journée vendredi.

Déjà affectée depuis l'été par le resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), la monnaie turque en outre subit de plein fouet depuis plus d'un mois les effets de la tempête politique provoquée par le scandale de corruption qui éclabousse le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

Depuis le 17 décembre, la livre a ainsi perdu plus de 10% de sa valeur, sa plus grave chute depuis la grande crise financière de 2000-2001.

Contre l'attente des marchés, la banque centrale a maintenu mardi ses taux d'intérêt inchangés, sous la pression du gouvernement qui veut éviter tout impact défavorable sur la croissance et de creuser les déficits publics, déjà très élevés (plus de 7%).

Les analystes s'attendent à la poursuite de la dépréciation de la monnaie turque, tant que les taux d'intérêt ne seront pas remontés. Tous pronostiquent déjà une réduction des prévisions de croissance du gouvernement, établies à 4% pour 2014.

pa/ gg

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