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La justice thaïlandaise autorise un report des législatives

24/01/2014 10:50 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

La Cour constitutionnelle de Thaïlande a ouvert la voie à un éventuel report des élections législatives anticipées du 2 février en estimant vendredi que la commission électorale était habilitée à prendre une telle décision.

Mais elle a jugé dans le même temps que celle-ci devrait s'entendre avec le gouvernement sur un nouveau calendrier électoral.

La première ministre Yingluck Shinawatra, confrontée à des manifestations depuis des semaines, a convoqué ces élections anticipées pour tenter de mettre fin à la crise.

La commission électorale, qui estime que la situation dans le pays est beaucoup trop explosive pour raisonnablement envisager d'organiser un scrutin national, avait saisi la Cour pour qu'elle se prononce sur la date des élections.

Le gouvernement faisait valoir que le décret fixant la date des prochaines élections, promulgué et signé par le roi, ne pouvait être modifié.

Varathep Rattankorn, ministre rattaché au cabinet de Yingluck Shinawatra, a déclaré que le gouvernement se donnerait le temps d'examiner le jugement dans son intégralité avant de réagir.

Interrogé par Reuters, un membre de la commission électorale a estimé pour sa part que si le gouvernement persistait dans sa volonté d'envoyer les électeurs aux urnes le 2 février, le scrutin pourrait avoir lieu à cette date.

« Nous allons demander à rencontrer le premier ministre et son gouvernement lundi pour discuter d'un nouveau calendrier électoral. Si le gouvernement n'accepte pas de différer les élections, alors elles auront lieu », a ajouté Somchai Srisuthiyakorn.

Le chef de file de la contestation, Suthep Thaugsuban, n'a pas réagi à la décision des juges constitutionnels.

L'opposant, qui dénonce l'emprise de la corruption et du népotisme orchestrés, selon lui, par le frère de Yingluck, l'ancien Premier ministre aujourd'hui en exil Thaksin Shinawatra, refuse de participer à des élections qu'il juge gagnées d'avance par le Puea Thai, le parti des pro-Thaksin, si le système n'est pas réformé au préalable.

Neuf personnes au moins ont été tuées, dont deux dans des attentats à la grenade commis le week-end dernier contre des rassemblements de l'opposition.

Mercredi, un dirigeant des « Chemises rouges », le mouvement pro-Thaksin, a été tué par balle dans le nord-est du pays, un des bastions des partisans de la première ministre, faisant craindre une extension de la crise ouverte début novembre par un projet d'amnistie, finalement abandonné, de Thaksin.

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