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France: le cardinal Barbarin craint "une dérive eugéniste" lors du débat sur l'avortement

24/01/2014 07:26 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Le cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin craint que la modification par le Parlement français de la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, qui notamment supprime la notion de "détresse", n'entraîne un risque de "dérive eugéniste".

Les députés français ont approuvé mardi soir un assouplissement du droit à l'avortement, qui supprime la notion de "détresse" pour une femme voulant demander une interruption volontaire de grossesse.

Cet amendement à une loi de 1975 a provoqué des remous au sein de la société française, sans être marquée toutefois par des divisions aussi fortes qu'au moment de l'adoption du mariage homosexuel l'an dernier.

Interrogé vendredi sur la radio RTL, Mgr Barbarin estime que c'est "un refus de la génération suivante. Et puis pire encore: par derrière, vous avez quelque chose qui va faire la suppression des petites filles".

"Je me rappelle, a-t-il déclaré, un dialogue public avec Axel Kahn (célèbre généticien, ndlr), il a dit: +ce qui m'horrifie dans cette disposition c'est que l'on va supprimer des petites filles, rien que parce qu'elles sont des petites filles+".

"C'est déjà le cas en Grande-Bretagne, en Inde; la France n'est pas au-dessus des pays voisins. Et cela, tout le monde le voit venir. Alors on fait un grand silence, mais c'est quelque chose qui est véritablement une horreur".

Interrogé pour savoir s'il pensait que les femmes françaises avorteront plus fréquemment lorsqu'elles attendent des filles, le cardinal a répondu: "Vous avez une dérive eugéniste risquée qui est grave et que vous constatez en Inde, en Chine, en Grande-Bretagne. C'est quelque chose qui m'horrifie. Ce qui est fondamental, c'est qu'une vie, lorsqu'elle est là, on la respecte".

"Avec la récente modification de la loi Veil de 1975, a encore déclaré Mgr Barbarin, nous disons +chacun fait ce qu'il veut, il est maître de son corps+. Eh bien, je dis non: on n'est pas maître de son corps, on ne va pas dire à un enfant de se mutiler".

L'archevêque de Lyon a toutefois rappelé que "dépénaliser l'avortement, faire attention aux personnes en état de détresse, ça c'est sûr, il faut vraiment le faire".

Ces déclarations surviennent alors que certains catholiques s'inquiètent de la politique suivie par le gouvernement français.

Plus de 119.000 jeunes catholiques de France ont ainsi signé une supplique adressée au pape François faisant état de leur "profond malaise" sur différents sujets sociétaux, à l'occasion de la visite au Vatican du président François Hollande, le 24 janvier.

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