NOUVELLES

Accord sur le nucléaire iranien: l'AIEA prête à assurer sa mission

24/01/2014 10:13 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est assuré vendredi le soutien de ses pays membres pour remplir sa mission de vérification des installations nucléaires iraniennes prévue dans l'accord historique de Genève, même si les détails du financement restent à régler.

"Le conseil a exprimé son soutien complet et a donné son approbation" à la mission de l'agence qui devra surveiller la mise en oeuvre par l'Iran du gel d'une partie de ses activités nucléaires, a déclaré son directeur général Yukiya Amano lors d'une conférence de presse.

Il s'exprimait à l'issue d'une réunion exceptionnelle à huis clos du conseil des gouverneurs à Vienne.

Pour tenir son rôle, le gendarme de la non prolifération atomique aura besoin de "doubler ses efforts et son personnel" affecté à la vérification en Iran, à la fois sur place mais aussi à Vienne, a-t-il dit, sans préciser davantage. Les effectifs se compteront en dizaines, pas en centaines, a-t-il toutefois ajouté.

M. Amano a évalué à quelque 6 millions d'euros le coût global de la mission de l'AIEA sur six mois, soit la durée de l'accord intérimaire conclu le 24 novembre dernier entre l'Iran et les grandes puissances. Il a demandé un budget supplémentaire de 5,5 millions aux pays membres.

Sur ce point, "un bon nombre de pays" ont exprimé leur volonté de contribuer, notamment les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, soit les Etats occidentaux du Groupe 5+1, a-t-il indiqué. Il n'a pas précisé ce qu'il en était de la Chine et de la Russie.

D'autres pays hors de ce groupe ont également exprimé leur volonté de participer, a-t-il ajouté sans vouloir les citer. Aucun pays de Golfe ne s'est exprimé sur le sujet, mais "cela ne veut pas dire qu'ils n'y réfléchissent pas", a estimé le Japonais.

L'AIEA envisage aussi de demander à l'Iran l'autorisation de mettre sur pied un bureau temporaire dans le pays, pour faciliter la logistique sur place, a-t-il indiqué.

Même si l'aspect financier de la mission n'est pas encore bouclé, ces premières déclarations d'intention sont selon lui "très encourageantes".

L'accord de Genève, appliqué depuis ce lundi 20 janvier, prévoit une suspension par l'Iran d'une partie de ses activités nucléaires pendant six mois -notamment de l'enrichissement controversé à 20%- en échange d'une levée partielle des sanctions qui étranglent l'économie du pays.

Il s'agit d'une première étape vers la négociation d'un accord à plus long terme dont l'objectif est de mettre un terme à dix ans de bras de fer entre Téhéran et la communauté internationale à propos du programme nucléaire iranien.

"Mais il reste un long chemin à parcourir" avant d'arriver à un accord global, a prévenu M. Amano.

Certaines grandes puissances soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de son programme civil, ce que la République islamique a toujours nié.

Plusieurs pays membres "se sont engagés à fournir les ressources nécessaires (....) mais sans les limiter à six mois", car l'accord prévoit aussi la possibilité d'un prolongement, a précisé l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'AIEA Joseph Macmanus en marge de la réunion, sans citer ces Etats.

"Les Etats-Unis fourniront une contribution substantielle", a-t-il fait savoir.

Téhéran a rempli sa part du contrat, a de son côté jugé l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA Reza Najafi, en gelant depuis lundi ses activités nucléaires,comme cela a été confirmé par l'agence. "Mais ce n'est pas un chemin à voie unique", a-t-il prévenu, et l'Iran "suit de près l'application des mesures" conclues à Genève par l'autre partie, en clair l'allègement des sanctions, a-t-il dit à des journalistes.

ilp/cs/abk

PLUS:hp