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« Whitewash : l'homme que j'ai tué »: entrevue avec Emanuel Hoss-Desmarais et Marc Labrèche (VIDÉO)

23/01/2014 01:27 EST | Actualisé 23/01/2014 01:52 EST

La vague de froid qui ne semble plus vouloir quitter le Québec s’est invitée hier au Cinéma l’Excentris durant le tapis rouge de Whitewash : l’homme que j’ai tué. Et pour cause, le premier film du réalisateur Emanuel Hoss-Desmarais met l’hiver au premier plan avec un duo d’acteurs étonnants composé de Marc Labrèche et de l’Américain Thomas Haden Church.

Avant sa sortie prévue pour vendredi, le film a fait un chemin remarqué à l’international et en particulier au Festival de Tribeca à New York d’où il est reparti avec la récompense du meilleur premier long-métrage. Les honneurs se sont ainsi succédé jusqu’au prix Claude-Jutra 2014 annoncé par l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision quelques heures seulement avant la première.

«Je me sens à la fois extrêmement humble et à la fois très touché, déclare Emanuel Hoss-Desmarais. C’est une très belle surprise, d’autant plus que le prix Jutra arrive à un beau moment. Les astres s’alignent d’une belle façon».

Œuvre singulière dotée d’un humour noir aussi cruel que glacial, Whitewash transporte le spectateur au cœur de l’hiver. Alors que Bruce Landry (Thomas Haden Church) est au volant de sa déneigeuse, il percute en pleine nuit Paul Blackburn (Marc Labrèche). Pris de panique, l’homme enterre sous la neige le corps de la victime. Le lendemain, Bruce se réveille en pleine forêt, rongé par la culpabilité.

«C’est surtout un film qui rend hommage à notre hiver, sa force et sa poésie, ajoute Hoss-Desmarais. Le film raconte l’histoire d’un individu qui cherche sa rédemption après avoir commis un terrible crime».

Porté par l’interprétation de ses acteurs, le long-métrage coécrit par le réalisateur et son complice Marc Tulin est d’abord un drame psychologique. «Je savais que Marc Labrèche est un comédien talentueux. Il l’a d’ailleurs déjà prouvé par le passé dans d’autres films. Dès le départ, j’étais convaincu qu’il serait capable d’aller se frotter à des zones plus pathétiques, tristes et mélancoliques».

Pour l’acteur québécois, son rôle rappelle une pièce de Samuel Beckett. «Par son énergie, mon personnage fait penser à celui qu’on peut retrouver dans En attendant Godot. Perdu, égaré, il semble également attendre une réponse qui ne viendra jamais. Malgré son côté survivant, c’est avant tout un paumé. Les circonstances ont fait de lui un minable», raconte Marc Labrèche qui donne la réplique en anglais à Thomas Haden Church (Sideways, Spiderman).

«Thomas est un homme charmant et généreux. Il est venu pour interpréter le rôle avec humilité. Il a fait le voyage du Texas jusqu’au nord du Québec. Il a bien fallu lui donner des conseils pour qu’il puisse traverser l’hiver en toute tranquillité», précise Labrèche en riant.

L’acteur américain a de son côté adoré l’expérience. «C’était intense. Comme je ne pouvais pas me débarrasser de la neige, il a bien fallu que je trouve des moyens de pouvoir travailler avec cet élément qui peut s’avérer traître parfois. Et puis dans le film, l’hiver est véritablement un personnage en soi, puisqu’il va jusqu’à influencer la dynamique de l’œuvre entière», conclut Haden Church.

Whitewash : l’homme que j’ai tué – Les Films Séville – Drame psychologique – 91 minutes – Sortie en salles le 24 janvier 2014 – Canada, Québec.

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