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Un rapport russe dénonce "la promotion agressive" des droits des minorités sexuelles dans l'UE

23/01/2014 12:48 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

L'Union européenne mène "une promotion agressive" des droits des minorités sexuelles, déplore un rapport officiel du ministère russe des Affaires étrangères sur l'état des droits de l'homme en Europe, présenté jeudi à Bruxelles.

"L'Union européenne et ses Etats membres considèrent comme une de leurs priorités la diffusion de leurs valeurs néo-libérales comme mode de vie universel pour tous les autres membres de la communauté internationale", regrette le rapport présenté par Konstantin Dolgov, le délégué aux droits de l'homme du ministère russe des Affaires étrangères.

Il a présenté ce texte lors d'un point de presse à Bruxelles, cinq jours avant un sommet UE-Russie qui s'annonce très tendu, au vu en particulier de la crise en Ukraine.

Le rapport s'étonne que des Etats européens, dont la France, souhaitent faire du mariage homosexuel "une sorte de phénomène social naturel".

"Une telle approche se heurte à une résistance non seulement dans les pays qui défendent les valeurs traditionnelles, mais aussi dans les pays qui ont toujours eu une attitude libérale à l'égard des +homos+", affirme le rapport qui utilise le terme péjoratif anglais "queer" plutôt que "gay" pour désigner les homosexuels.

Le rapport cite en exemple les manifestations "d'une partie importante de la société française" pour s'opposer au mariage pour tous. "Le gouvernement français a grossièrement ignoré le point de vue des nombreux partisans des valeurs familiales traditionnelles", s'insurge le rapport dans son long article consacré à la France.

"J'étais à Paris et j'ai vu les tentes avec la moitié du pays, sinon plus, protestant" contre cette loi, "Ce n'est pas de la phobie, c'est la vox populi", a insisté M. Dolgov.

Mais il a dénié que les critiques russes visent à riposter à celles dirigées contre Moscou à cause d'une loi russe interdisant la "propagande" homosexuelle devant mineurs avant les jeux Olympiques de Sotchi en février.

"Maintenant tout le monde lie tout aux Jeux, nous demandons qu'ils ne soient pas politisés", a-t-il lancé.

Le rapport qui dépeint l'UE sous des couleurs très sombres où "xénophobie, racisme, nationalisme violent, chauvinisme et néo-nazisme" sont "en forte progression", s'en prend particulièrement aux trois Etats baltes de l'ex-URSS. L'Allemagne est également sévèrement brocardée.

"Malgré le fait que le nazisme en Allemagne est légalement interdit, les sentiments de droite semblent être fermement enracinées dans la société allemande moderne et il y a de plus en plus de signes de tolérance envers l'idéologie d'extrême droite", affirme ainsi le document russe.

"Nous ne montrons pas du doigt, nous ne disons pas que la démocratie européenne est en déclin ou menacée", a concédé M. Dolgov. "Mais quand les dirigeants européens parcourent le globe et tentent de demander des comptes à des pays et organisations, de plus en plus de ces pays vont leur renvoyer leurs questions", a-t-il affirmé.

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