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TransIndienne à la rame: grand chelem et record de traversée en vue pour Coindre

23/01/2014 06:17 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Le rameur français Emmanuel Coindre, parti fin novembre de la côte nord-ouest australienne à destination de La Réunion, est en passe de réussir le Grand Chelem, sur le 3e océan du monde, l'Indien, après avoir déjà traversé cinq fois l'Atlantique et une fois le Pacifique.

Le rameur originaire de La Baule, 39 ans, est attendu samedi ou dimanche sur le rivage de l'ancienne île Bourbon, avec son canot "Long-Cours", après 56 ou 57 jours de mer et 3600 miles nautiques (7000 km) parcourus.

Second exploit en vue en une seule épreuve, il s'apprête à signer également le record en temps de cette TransIndienne en solitaire, entre l'Australie et l'île française de l'archipel des Mascareignes.

Emmanuel Coindre, premier Français à s'attaquer en solitaire à la traversée à la rame de cet océan redouté pour ses conditions de mer difficiles, va devenir le premier homme à avoir franchi à mains nues, en solitaire et sans assistance, les trois grands océans de la planète.

"Je ne suis pas un aventurier", s'est encore plu à dire à l'AFP mercredi cet ascète végétarien, lors d'une liaison téléphonique satellitaire. "Je prépare mes traversées avec la plus grande rigueur, en traitant tous les paramètres techniques et humains et en envisageant les situations les plus inattendues et la manière d'y faire face".

En pleine période cyclonique

Coindre ne fait jamais rien à l'identique de ses collègues rameurs internationaux. C'est ainsi que pour cette TransIndienne, il a décidé de prendre tous les risques en s'embarquant en pleine saison cyclonique:

"Les dangers sont certes importants, mais la saison des tempêtes tropicales a au moins deux avantages: me mettre naturellement la pression et m'aider à redoubler d'efforts et d'astuce pour échapper au pire, et me permettre, avec de puissantes conditions météo avec des vents et courants forts de gagner en rapidité".

L'Indien ne lui a pas fait de cadeaux et dès le lendemain de son départ de Carnarvon, en Australie, il a subi deux chavirages dont le premier, le plus violent, a bien failli faire avorter son entreprise avec un canot retourné et rempli d'eau et la mise hors service de ses appareils électroniques de navigation.

La semaine dernière, c'est le cyclone Colin qui a effleuré sa frêle embarcation à moins de deux degrés de longitude, le plongeant pendant 48h sans dormir dans une mer déchaînée: "J'ai été bien brassé...", résume laconiquement le rameur.

A raison de 18 heures par jour aux avirons, tantôt dans une mer croisée et hâchée, tantôt dans la pétole ou sous les grands vents cycloniques, Emmanuel Coindre, dans une relative discrétion médiatique et "sous un cagnard de bagnard" (c'est l'été austral), s'achemine vers ce Grand Chelem inédit des trois océans en solitaire et sans assistance, ajoutant du coup une marche au faîte du podium des records océaniens à la rame.

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