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Tokyo: début de la campagne pour l'élection d'un nouveau gouverneur

23/01/2014 05:08 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

La campagne pour l'élection du prochain gouverneur de Tokyo a démarré jeudi, un combat essentiellement entre deux favoris qui pourrait tourner au référendum pour ou contre l'énergie nucléaire.

Selon la plupart des analystes le scrutin du 9 février qui, officiellement compte une quinzaine de candidats, va tourner à l'affrontement entre l'ancien Premier ministre et anti-nucléaire Morihiro Hosokawa et Yoichi Masuzoe, ex-ministre de la Santé dans un gouvernement conduit par le Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) actuellement au pouvoir.

Le 11 mars prochain marquera le troisième anniversaire du désastre de la centrale atomique de Fukushima, qui a entraîné l'arrêt de la cinquantaine de réacteurs du pays et un débat entre les adversaires de l'énergie atomique et ses tenants, au premier rang desquels figure l'actuel Premier ministre centriste Shinzo Abe.

Converti après le drame au "non nucléaire", son prédécesseur à la tête du pays de 2001 à 2006, Junichiro Koizumi, a apporté à la mi-janvier un soutien remarqué à la candidature de Morihiro Hosokawa, qui fut lui-même un éphémère chef de gouvernement en 1993-1994.

Concrètement, le gouverneur de Tokyo n'a pas de pouvoir légal pour réorienter ou s'opposer à la politique énergétique décidée au niveau national, mais le poids qu'il représente à la tête d'une mégalopole de plus de 13 millions de personnes où sont situés tous les centres de pouvoir du pays (politique, économique, culturel) ne peut toutefois être ignoré. Et près de 11 millions de personnes sont appelées aux urnes.

"Pour l'instant M. Masuzoe semble favori, d'autant que M. Hosokawa est resté quasi muet sur son programme, mais M. Koizumi demeure très populaire et honnêtement je ne peux prédire le résultat", commente Sadafumi Kawato, professeur de sciences politiques à l'Université de Tokyo.

Les avis restent partagés sur l'incidence d'une victoire de M. Hosokawa sur les projets nucléaires du Premier ministre: ce pourrait être un obstacle selon le professeur Kawato, rappelant que Tokyo est un actionnaire important de la compagnie d'électricité Tepco, l'opérateur de Fukushima et le fournisseur de courant de la capitale. La firme de consultants Capital Economics estime en revanche que cela n'arrêtera pas Shinzo Abe, qui profite depuis un an dans les sondages d'une reprise économique du pays.

Yoichi Masuzoe a affirmé que s'il était gouverneur, sa priorité serait la réussite des Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo, mais aussi la sécurité, les services sociaux.

Sur l'énergie nucléaire, il s'est simplement dit favorable à une baisse de la part d'origine atomique dans le bouquet énergétique.

Le poste de gouverneur est vacant depuis la démission le mois dernier du titulaire, Naoki Inose, englué dans un scandale financier.

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