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Rohani, hôte-phare de Davos, juste avant Netanyahu

23/01/2014 07:13 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

L'Iran, faute d'avoir pu jouer sa partition mercredi à Montreux (Suisse) lors des pourparlers sur la crise syrienne où il n'était pas invité, se rattrape jeudi à Davos où son président, Hassan Rohani, est l'hôte-phare du Forum économique mondial.

Prenant la parole quelques heures seulement avant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, également hôte du Forum, M. Rohani s'est longuement exprimé sur les potentialités économiques de son pays, sur sa volonté d'ouverture notamment en direction des pays voisins et des pays européens, avant de répondre à une question sur la crise syrienne.

"La meilleure solution, c'est d'organiser des élections libres et démocratiques à l'intérieur de la Syrie. Aucun parti ou puissance extérieurs ne devrait décider à la place du peuple syrien et de la Syrie en tant que pays", a-t-il déclaré, au lendemain de discussions tendues et peu concluantes entre adversaires syriens à Montreux, sous l'égide de l'ONU.

Le président iranien a souhaité surtout attirer l'attention de son auditoire, parmi lesquels de nombreux responsables économiques et hommes d'affaires du monde entier, sur les perspectives d'investissements qu'offrent les "vastes ressources énergétiques de son pays", après la levée partielle de sanctions internationales ce mois-ci.

Celles-ci ont été progressivement instaurées par l'ONU à partir de 2006, la communauté internationale soupçonnant l'Iran de poursuivre un programme nucléaire militaire sous couvert de programme civil. Après dix ans de négociations, aux termes d'un accord de novembre 2013, certaines activités nucléaires de Téhéran concernant l'enrichissement d'uranium sont partiellement gelées pendant six mois, en échange de la levée partielle de sanctions, notamment dans le domaine pétrolier.

"L'Iran n'a jamais désiré avoir une bombe atomique, et à l'avenir non plus", a dit M. Rohani, soucieux de rassurer ses auditeurs.

Il s'est dit prêt à mettre ses réserves pétrolières au service de la sécurité d'approvisionnement mondial dans le cadre d'une éventuelle organisation regroupant pays producteurs et consommateurs.

Arrivé mercredi soir dans la petite station alpine, le président iranien avait aussitôt entamé des entretiens bilatéraux notamment avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Dans les couloirs du Centre des congrès, l'apparition de ce mollah, élu en juin dernier à la présidence et symbole d'une certaine ouverture, n'a pas manqué de susciter la curiosité des participants, élites du monde économique et politique de la planète.

Nouveau visage de l'Iran

Depuis six mois, le pays a connu "beaucoup d'évolutions". "Les conditions sont nouvelles en Iran. Le pays a des ressources extraordinaires, (...) énormément de potentialités", susceptibles d'intéresser les investisseurs étrangers, a-t-il dit à la radio-télévision suisse,.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Zarif, et le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, sont également à Davos .

"Nous avons identifié un volume gigantesque d'investissements et d'activités techniques pour relancer la production de pétrole et de gaz (...) et les grandes compagnies internationales peuvent jouer un rôle", a écrit M. Zanganeh, sur le site de la radio-télévision iranienne Irib.

M. Rohani a déclaré avoir rencontré plusieurs acteurs du secteur pétrolier réunis à Davos.

Dirigeant d'un pays ennemi de l'Iran, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'exprimera jeudi après-midi à la même tribune que M. Rohani mais quelques heures plus tard. Après le discours du président iranien, il a aussitôt dénoncé "une entreprise de dissimulation qui se poursuit de la part de M. Rohani", propos rapportés par un de ses conseillers.

En provenance de Montreux, à 350 km de Davos, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, était aussi attendu dans la petite station de ski enneigée.

D'intenses échanges bilatéraux devraient avoir lieu à l'abri des regards, centrés sur le conflit entre Israël et les Palestiniens et, surtout, la crise syrienne.

Parmi les intervenants du jour, figurent le Premier ministre australien, Tony Abbott, qui préside le G20 et a présenté les projets de son pays pour cette présidence, ainsi que la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

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