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Le général Sissi, le "De Gaulle" de l'Egypte, selon le Premier ministre égyptien

23/01/2014 11:50 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre égyptien Hazem Beblawi a déclaré jeudi à Davos que l'esprit du Printemps arabe était toujours vivant dans son pays et que le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, était "sous la pression du peuple" pour briguer la présidence, "comme De Gaulle" avant lui.

Lors d'un séminaire du Forum économique mondial, M. Beblawi a fermement rejeté l'idée que le général Sissi était un nouveau Hosni Moubarak, l'homme fort de l'Egypte, au pouvoir pendant trente ans avant d'être chassé par la révolte du printemps 2011.

"La différence est grande", a réagi le Premier ministre. "Avant que Moubarak se présente à la présidentielle, personne ne le connaissait. Sissi est sous la pression populaire pour se présenter. C'est comme pour De Gaulle, Eisenhower," a-t-il affirmé, se référant aux héros français et américain de la Deuxième guerre mondiale, arrivés ensuite à la tête de l'Etat.

"Ceux qui militent pour Sissi au pouvoir, ce ne sont pas les militaires, ce sont les gens de la rue, les femmes en premier lieu. N'oubliez pas que c'est un bel homme", a dit M. Beblawi.

L'Egypte célèbre samedi le 3e anniversaire de la révolte ayant entraîné la chute de Hosni Moubarak. "Cela a été une grande révolution", a affirmé Hazem Beblawi.

Après avoir déposé et arrêté le 3 juillet 2013 Mohamed Morsi, le seul président jamais élu démocratiquement en Egypte, le gouvernement installé par le chef de l'armée, le général Sissi, a d'abord réprimé dans un bain de sang les manifestations islamistes des pro-Morsi, Frères musulmans en tête. Avant de mater récemment les rassemblements des mouvements libéraux et laïcs qui avaient mené la révolte de janvier 2011 dans la lignée des Printemps arabes. Depuis, c'est l'engrenage meurtrier au pays des pyramides, le plus peuplé du monde arabe.

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