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L'Afrique face au défi de deux milliards d'habitants en 2050

23/01/2014 06:29 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

L'Afrique comptera deux milliards d'habitants d'ici 2050 et, pour relever ce défi, elle aura besoin de sécurité, de bonne gouvernance et de lutte contre les inégalités, comme de meilleures infrastructures, ont indiqué les participants à un débat au Forum économique de Davos, sans se mettre d'accord sur l'ordre des priorités.

"Pas de développement possible sans sécurité", a affirmé le président John Dramani Mahama du Ghana, un pays qui fait figure d'enfant sage de l'Afrique, au moins sur le plan de la stabilité politique.

"Et quand on parle de sécurité, nous (Africains) avons vraiment un problème", a-t-il reconnu. Le Ghana qui bénéficie d'un régime démocratique depuis 1992, date de la Constitution, engrange à présent "les dividendes" de cet acquis avec un environnement favorable à la jeunesse et à la créativité, a-t-il affirmé.

La directrice générale d'Oxfam International Winnie Byanyima, abordant le même thème, a souligné que l'Afrique était le continent où les inégalités étaient les plus fortes. "Quant on parle de croissance, on voit qu'elle laisse de côté des millions et des millions d'Africains et c'est en partie la raison des conflits", a-t-elle souligné.

"On assiste à une concentration de la fortune et du pouvoir qui exclut des millions de gens, ce qui crée l'instabilité et l'insécurité dans le monde", a-t-elle ajouté. Faute de résoudre ces questions sociales, d'emploi, "l'insécurité va continuer à s'accroître", selon cette responsable d'ONG.

"success story"

Pour le président nigérian Goodluck Jonathan, "la majorité des pays africains ont à présent une gouvernance stable".

En réponse à une question, il a admis avoir des "problèmes" avec le groupe islamiste armé Boko Haram, actif dans le nord du Nigeria. En raison des affrontements entre ce groupe et l'armée nigériane, très meurtriers pour les civils, trois Etats du Nord-Est vivent depuis mai 2013 sous l'état d'urgence.

Interrogé aussi sur la corruption qui coûterait à son pays 20% de la production pétrolière, le chef de l'Etat nigérian a assuré que "le problème n'était pas dû à la corruption (...) mais aux communautés qui vandalisent les installations pétrolières" dans le Sud.

Le delta du fleuve Niger, d'où provient une grande partie du pétrole nigérian, reste le théâtre de violences sporadiques et d'enlèvements d'étrangers, contre rançons.

Selon Goodluck Jonathan, "le problème majeur de l'Afrique est celui des infrastructures dans le secteur des transports".

Pour le milliardaire nigérian Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique selon le magazine Forbes, "l'accès aux financements est le problème-clé, l'un des buts que nous devons atteindre".

Julian Roberts, directeur général de la compagnie britannique d'assurance Old Mutual, estime que l'Afrique va être la +success story+ des prochaines décennies. "Nous n'investirions pas autant dans le continent si nous ne le pensions pas", a-t-il dit. Mais, selon lui, "l'Afrique ne peut réussir que si les entreprises privées et le secteur public travaillent, main dans la main".

Un objectif atteint au Nigeria, selon le président Jonathan. Les principaux secteurs de l'économie, à l'exception des communications, y ont été privatisés, et selon lui, l'articulation public-privé "fonctionne bien".

Pour la directrice d'Oxfam, "c'est bien que les gouvernements se retirent de certains secteurs au profit du privé qui peut mieux les gérer, (...) c'est bien aussi que les gouvernements s'assurent que le secteur privé fait ce qu'il doit faire. Mais quand on voit que la richesse, les ressources naturelles en Afrique ne créent pas des emplois pour les Africains, n'est-ce pas le rôle des gouvernements ?" d'intervenir, a-t-elle suggéré.

"Nous avons besoin de régulations pour la protection des droits, des droits humains, de l'environnement", a-t-elle conclu.

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