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Guerre du Kosovo : le TPIY réduit en appel les peines de trois ex-hauts responsables serbes

23/01/2014 06:25 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a réduit jeudi en appel les peines de trois anciens hauts responsables serbes, dont un ex-vice-Premier ministre de la Yougoslavie, coupables d'atrocités contre les Albanais du Kosovo en 1999.

"Une réduction limitée des peines imposées en première instance est de mise", a déclaré le juge Liu Daqun lors d'une audience publique à La Haye, où siège le TPIY.

Liu Daqun n'en a pas moins rappelé la "gravité des crimes" et souligné que "ce sont les actions délibérées de la Yougoslavie et de la Serbie (...) qui ont provoqué le déplacement de plus de 700.000 Albanais du Kosovo".

Les juges d'appel ont estimé que les peines n'avaient pas été assez "individualisées" lors du jugement en première instance en 2009, premier du TPIY sur la responsabilité serbe dans la guerre du Kosovo (1998-1999).

Ils ont en outre estimé que les accusés n'étaient pas responsables de quelques-uns des crimes dont ils avaient été reconnus coupables en première instance, certains figurant parmi les plus atroces de cette guerre.

L'ancien vice-Premier ministre de la Yougoslavie Nicola Sainovic, 65 ans et ancien proche collaborateur du président yougoslave Slobodan Milosevic, a ainsi vu sa peine réduite de 22 à 18 ans.

Il a été reconnu coupable d'avoir participé à une "entreprise criminelle commune" ayant eu pour but de chasser des Albanais du Kosovo afin d'en modifier l'équilibre ethnique. Il a été reconnu coupable de meurtres et persécutions, entre autres, commis par les forces serbes et yougoslaves.

Deux autres accusés, l'ancien chef de police Sreten Lukic, 58 ans, et le général de l'armée yougoslave Vladimir Lazarevic, 64 ans, ont vu leurs peines respectives de 22 et 15 ans de prison réduites à 20 et 14 ans.

Un quatrième accusé, un ancien commandant de l'armée yougoslave, Nebosja Pavkovic, 67 ans, a quant à lui vu sa peine de 22 ans de prison confirmée.

La plupart des crimes reprochés ont été commis entre mars et juin 1999, alors que les bombardements de l'Otan ont mis fin au conflit et forcé les troupes serbes et yougoslaves à se retirer de l'ancienne province serbe à majorité albanaise.

Les autorités serbes ont toujours maintenu que leurs actions au Kosovo étaient dirigées contre les "terroristes" du l'Armée de libération du Kosovo (KLA).

Le procureur n'avait pas interjeté appel en première instance contre l'acquittement de l'ancien président serbe Milan Milutinovic. Un sixième accusé avait été libéré en juillet 2013 après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

Le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008, mais Belgrade continue de considérer le Kosovo comme sa province. Moscou n'a pas non plus encore reconnu l'indépendance du Kosovo.

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