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France: un maire condamné pour apologie de crime contre l'humanité

23/01/2014 05:38 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Le maire d'une ville de l'ouest de la France a été condamné jeudi à 3.000 euros d'amende avec sursis pour apologie de crime contre l'Humanité, après avoir estimé l'été dernier que Hitler n'avait "peut-être pas tué assez" de tziganes.

Le procureur de la République, Yves Gambert, avait requis 6 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende à l'encontre de Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet (ouest).

Le magistrat du ministère public avait estimé que la phrase, prononcée en marge d'une altercation et qui avait fait scandale après avoir été rapportée par la presse, "est clairement apologétique" et "exalte le crime commis" à l'encontre des gens du voyage durant le IIIe Reich, en exprimant "le regret qu'on n'en ait pas tué assez".

Le 21 juillet 2013, intervenant sur un terrain agricole de sa commune occupé illégalement par plus d'une centaine de caravanes de gens du voyage, le maire s'était vivement opposé à leurs occupants, avant de glisser à un journaliste "qu'Hitler n'en avait peut-être pas tué assez".

M. Bourdouleix, maire de Cholet depuis 1995 et député depuis 2002, avait été contraint de quitter son parti, l'UDI (Union des Démocrates Indépendants, centristes de droite) en raison de ces propos. Il encourait cinq ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

"Le comportement de Gilles Bourdouleix est totalement intolérable pour l'ordre public. Il porte atteinte à nos valeurs sociales, sont un ferment de désordre, de haine et de violence", a souligné à l'audience M. Gambert.

Le procureur a relevé que la phrase était suivie de l'interrogation "hein?", et a estimé que l'élu a cherché "l'approbation de son voisin" et "sait parfaitement que ses propos sont tenus suffisamment fort" pour être entendus à la ronde.

Rapportés le quotidien régional Le Courrier de l'Ouest, les propos de Gilles Bourdouleix avaient provoqué un tollé en France.

Par ailleurs, l'élu a été condamné jeudi à 600 euros d'amende pour insulte et diffamation à l'encontre du journaliste qui a rapporté ses propos, qualifié de "petit merdeux", et de son journal.

ybo-phs/bir

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