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Fichage illégal chez Lufthansa: ouverture d'une enquête préliminaire en France

23/01/2014 06:09 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Une enquête préliminaire a été ouverte en France à l'encontre de la compagnie aérienne allemande Lufthansa, accusée d'avoir fiché des salariés travaillant à l'aéroport parisien de Roissy, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'enquête, ouverte fin décembre par le parquet de Bobigny, près de Paris, fait suite à une plainte d'un responsable syndical de Lufthansa et du syndicat Unsa Transport qui reprochent à la compagnie d'avoir compilé des informations à caractère privé sur plusieurs salariés.

Elle vise des faits de "constitution et conservation d'un fichier faisant apparaître des données à caractère personnel" et de "traitement" de ces données "sans l'accord des intéressés", a précisé la source judiciaire.

Contacté par l'AFP, l'avocat des plaignants, Me Olivier Villevieille, a dit espérer que "le dossier avance rapidement". "Il y a plusieurs autres salariés qui vont se joindre à la plainte", a-t-il par ailleurs indiqué.

Le fichier incriminé, un document d'une dizaine de pages rédigé à la main et en allemand, avait été découvert par hasard à l'été 2013 sur le bureau d'un cadre de Lufthansa, alors directeur d'escale de la branche française de la compagnie.

Cette note, destinée à un autre cadre dirigeant, listait une cinquantaine de noms de salariés accompagnés de qualificatifs le plus souvent négatifs: "manque de maturité", "rat gauchiste", "la léthargie en personne"...

Pour certains, des références étaient faites à des maladies ou à des difficultés familiales: pour un salarié, il était écrit qu'il était séropositif; Pour un autre, qu'il avait un enfant handicapé.

"Nous avons condamné à l'époque ces agissements, qui ne correspondent pas aux valeurs de la compagnie", a souligné jeudi un porte-parole de Lufthansa. "Nous nous tenons évidemment à la disposition des enquêteurs pour répondre à leurs demandes".

Cette affaire intervient dans un contexte social difficile au sein de la compagnie, visée par un plan de restructuration qui prévoit la suppression de 199 postes en France, soit 75% des effectifs, selon les syndicats.

Plusieurs mouvements de grève ont eu lieu ces dernières semaines, perturbant le trafic de la compagnie. Au lendemain de Noël, tous les salariés de la compagnie allemande avaient ainsi quitté leur poste sans préavis, dénonçant le "blocage du dialogue social".

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