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Davos : Mettre un terme à la faim dans le monde devrait être un investissement rentable

23/01/2014 01:10 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Lutter contre la fin dans le monde passe par la mise en place de schémas économiques classiques dans l'agriculture, et ne doit pas se limiter à une quesiton humanitaire, ont estimé jeudi des participants au Forum économique mondial de Davos.

"Évidemment, résoudre la faim est une question morale, mais cela a également beaucoup de sens au niveau économique", a déclaré Shenggen Fan, directeur de l'Institut International de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), lors d'une table ronde consacrée à la sécurité alimentaire.

Porte-monnaies électroniques ou micro-assurance ont été cités comme exemples d'utilisation d'outils économiques pour le secteur agricole des pays en développement.

"L'agriculture est payante. Il y a beaucoup d'argent à gagner pour les petits exploitants agricoles", a affirmé Akinwumi Ayodeji Adesina, le ministre nigérian de l'agriculture et du développement rural.

M. Adesina a cité des réformes engagées dans son pays, avec entre autres l'introduction de porte-monnaies électroniques permettant aux petits agriculteurs de recevoir directement sur leurs téléphones mobiles des bons d'achat pour des semences et des engrais

"Nous sommes en train de développer un modèle d'affaires ouvert qui permet aux agriculteurs de créer de la richesse, et pas simplement de gérer la pauvreté", a-t-il défendu.

Illustration selon lui de l'intérêt économique : le nombre de sociétés de semences opérant dans le pays a ainsi décollé, passant de 10 à 70 en l'espace de deux ans.

Michel Liès, directeur général de Swiss Re, est, lui, revenu sur le programme de micro-assurance que le groupe fournit à 1,4 million de petits exploitants en Afrique pour couvrir les risques sur les cultures jusqu'en 2017.

Il a dit espérer que les bénéficiaires de ce type de micro-assurance se soient suffisamment enrichis au cours des trente prochaines années pour ne plus avoir besoin de ce type de mesure et accéder à des produits d'assurance classiques.

"Nous voulons amorcer la pompe", a-t-il expliqué.

Selon Ellen Kullman, à la tête du groupe DuPont, un des plus gros semenciers au monde, la question de la sécurité alimentaire se pose dans des termes différents d'un pays à l'autre. "Les questions au Nigeria sont différents de celles en Inde ou en Chine, ou dans d'autres endroits " a-t-elle souligné.

Selon les statistiques du Programme alimentaire mondial 842 millions de personnes dans le monde n'ont pas assez à manger et la malnutrition est la cause de 3,1 millions de décès chaque année chez les enfants de moins de cinq ans.

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