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Russie: jusqu'à 6 ans requis contre 8 opposants pour une manifestation anti-Poutine

22/01/2014 06:29 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Le Parquet russe a requis mercredi entre cinq et six ans de détention à l'encontre de huit opposants jugés pour des heurts pendant une manifestation à la veille de l'investiture de Vladimir Poutine, ont rapporté les agences russes.

Les prévenus, poursuivis pour avoir participé à des "troubles massifs" et pour "violences envers les forces de l'ordre", sont pour certains en prison depuis plus d'un an.

Le Parquet a demandé dans son réquisitoire au tribunal Zamoskvoretski de Moscou entre cinq et six ans de prison pour Andreï Barabanov, Stepan Zimine, Denis Loutskevitch, Iaroslav Belooussov, Artem Savelov, Sergueï Krivov, Alexandra Doukhanina et Alexeï Polikhovitch.

Quatre autres prévenus, jugés dans le même procès, ont été amnistiés fin décembre à l'occasion des 20 ans de la Constitution russe. A l'inverse des huit autres, ils n'étaient inculpés que de "participation à des troubles massifs" et non de "violences envers les forces de l'ordre".

Une trentaine de personnes au total sont impliquées dans l'"affaire Bolotnaïa", du nom de la place du centre de la capitale russe où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre l'investiture le lendemain de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

Certains sont jugés pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre.

D'après le code pénal russe, la notion de "troubles massifs" signifie "atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs".

Il n'y a cependant eu ni morts ni blessés graves ni coups de feu ou incendie volontaire au cours de cette manifestation.

Le Parquet affirme que 82 policiers ont été blessés au cours des affrontements dont la cause reste controversée, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour tenter de justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation. Des dizaines de manifestants avaient également été blessés.

Deux opposants ont déjà été condamnés dans l'affaire du 6 mai à quatre ans et demi et deux ans et demi de camp de travail. Tous deux avaient reconnu leur culpabilité.

edy/nm/ros

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