DIVERTISSEMENT

Lupita Nyong'o, la nouvelle reine d'Hollywood

22/01/2014 09:38 EST | Actualisé 22/01/2014 09:41 EST
Jordan Strauss/Invision/AP
Lupita Nyong'o arrives at the 71st annual Golden Globe Awards at the Beverly Hilton Hotel on Sunday, Jan. 12, 2014, in Beverly Hills, Calif. (Photo by Jordan Strauss/Invision/AP)

Bombardée comme sensation du tapis rouge lors des dernières cérémonies de remises des prix (Golden Globes et Critics' Choice Awards) Lupita Nyong'o rayonne. Véritable révélation, l'actrice est à l'affiche de 12 Years a Slave, le film de Steve McQueen qui retrace le calvaire de Solomon Northup, homme libre réduit en esclavage.

Nyong'o vit cette soudaine reconnaissance hollywoodienne avec pragmatisme. Le HuffPost a rencontré la jeune femme qui joue le rôle de Patsey, esclave élevée dans les champs de coton, martyrisée et transformée en objet sexuel par son maître (Michael Fassbender), et qui croise la route du héros.

"Je me sens vraiment comme Cendrillon. J'ai la chance de voir mon rêve se réaliser et je suis excitée que cela arrive avec un film que j'ai aimé faire et qui va changer la face du monde à son échelle."

Bande-annonce de 12 Years a Slave:

À 30 ans, Lupita découvre la saison des prix pour son premier film. Nommée dans la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle, Lupita Nyong'o est en concurrence avec Jennifer Lawrence, June Squibb ou Julia Roberts. Elle a déjà remporté le Critics' Choice Award et garde toutes ses chances pour l'Oscar.

Un sourire captivant mais une attitude qui ne laisse rien transparaître de son excitation. Quand elle assure être dans un "état de choc", son ton posé la rend beaucoup plus sobre. Alors que One Magazine rappelle ses origines kenyanes -son ethnie Luo est la même que le président Barack Obama- Lupita revient pour Le HuffPost son parcours mondialisé: "Je suis née à Mexico mais mes parents sont rapidement partis au Kenya, à Nairobi où j'ai commencé mes études dans une école pour fille. Ancienne colonie britannique, le pays a hérité d'un système éducatif qui ne plaît pas à tout le monde. Moi, je regardais beaucoup la télé et il y'avait des programmes internationaux."

Égérie

lupita

La jeune actrice fait déjà tourner les têtes et sa présence sur les tapis rouges est devenue un rendez-vous obligé pour les magazines de mode. Devenue une icône à part entière, elle a déjà fait quelques couvertures et rivalise de looks, de couleurs et de chic-sans-effort.

"Je suis très flattée qu'on trouve mon style intéressant mais ce n'est vraiment pas prévu", assure-t-elle. "J'ai aimé très jeune faire l'actrice pendant que mes copains faisaient du vélo. J'aimais bien les mondes imaginaires. J'aimais bien l'idée de déclencher des émotions, lors des sketchs familiaux."

Mais l'épiphanie vient en regardant La Couleur pourpre (film de Steven Spielberg qui vaut un Golden Globe à Whoopi Goldberg). Si elle n'avait pas percé au cinéma, Lupita admet ne pas avoir beaucoup réfléchi à un plan B. "Je pense que j'aurais pu être botaniste, rester dans le désert pendant des heures à étudier une plante."

Bande-annonce de La Couleur pourpre:

Lutte

Lupita Nyong'o a suivi des cours à l'Hampshire College. En 2009, son projet de fin d'année est un documentaire, In My Genes, sur la condition des albinos au Kenya. Baba Hillman, professeur de cinéma dans cette université, se rappelle d'une élève "courageuse". Elle explique au HuffPost avoir ressenti le désir de Lupita de "réaliser un film sur les albinos en partie parce qu'ils soulèvent des questions autour de la race, de l'identité et de la beauté".

La bande-annonce de In My Genes:

Lupita prévient, "il faut faire attention aux généralisations. Dans certaines parties de l'Afrique, les albinos sont vus comme des dieux vivants, vénérés par tous. Au Kenya, nous avons vécu de plein fouet l'ignorance des gens qui ont peur des albinos et refusent de leur donner du travail."

"Lupita mérite ce qui lui arrive"

Son premier rôle au cinéma a lieu dans les coulisses du tournage de The Constant Gardener avec Ralph Fiennes dont elle devient l'assistante, Rachel Weisz et Danny Huston. Une expérience gratifiante mais qui n'explique sa présence dans la distribution du film de Steve McQueen aux côtés de Chiwetel Ejiofor qui ne tarit pas d'éloges à son égard.

Lupita raconte:

"Je sais que c'était quelque chose d'énorme. Mais je ne pouvais pas leur proposer autre chose que moi et mes qualités. Je sais qu'il a vu d'autres actrices avant moi, qu'il y a eu de la concurrence. Je n'avais rien à perdre. J'ai passé trois auditions et j'ai été choisie."

Sa méthode? "Je me nourris de la peur et la confrontation. J'étais intimidée par la présence des autres acteurs Michael Fassbender, Sarah Paulson, ils ont plus d'expérience que moi à l'écran. Le doute, aussi inconfortable qu'il soit peut être une arme. Mais ça a été une expérience géniale et inoubliable. Steve est un storyteller patient qui laisse beaucoup de place aux acteurs et n'a pas une caméra qui interfère."

Professeur en anthropologie à l'Hampshire College, Sue Darlington se rappelle de la présence de Lupita Nyong'o, capable de monopoliser l'attention d'une classe entière:

"Le moment le plus remarquable auquel j'ai assisté a eu lieu pendant la projection de courts métrages réalisés dans le cadre de l'école. Lupita rayonnait vraiment dans le sien, intitulé Decolonizing the Mind, 'Décolonisez l'esprit', un film qui explore les conflits entre les idée contemporaines et la tradition en Afrique. Et professeurs et élèves savaient qu'ils étaient les témoins de quelque chose d'extraordinaire."

Et Baba Hillman de conclure: "Lupita mérite ce qui lui arrive. Elle a eu besoin de chance pour obtenir le rôle de Patsey mais Steve McQueen en a eu, lui aussi. Elle a l'abnégation nécessaire pour réussir et son premier film est un symbole qui peut modifier notre interprétation de l'histoire de l'esclavage aux États-Unis."

Lupita et ses nouveaux amis:

Découvrez les différents style de la jeune actrice dans la galerie ci-dessous:

Lupita Nyong'o

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