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Migrants naufragés en Grèce: deux corps retrouvés

22/01/2014 04:51 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Les corps d'une femme et d'un enfant ont été retrouvés en mer Egée au cours des recherches pour localiser douze migrants tombés à l'eau lundi lors du remorquage de leur embarcation en perdition par les autorités grecques, a-t-on appris mercredi auprès des garde-côtes grecs.

"Il s'agit des corps d'une femme de 38 ans et d'un enfant de 11 ans découverts près des côtes turques" et identifiés sur photo par les survivants, ont indiqué les garde-côtes à l'AFP.

Dix autres migrants tombés à l'eau lundi matin après le chavirage de leur bateau sont toujours portés disparus et les recherches ont repris mercredi, a-t-on précisé de même source, ajoutant que des femmes et des enfants se trouvaient parmi eux.

Des quotidiens grecs faisaient état mercredi du chiffre de huit à neuf enfants parmi les disparus.

Les seize autres migrants également passés par dessus bord ont pu être secourus. L'opération de sauvetage de l'embarcation initialement victime d'un problème mécanique a viré au drame au moment où deux migrants sont tombés à la mer pour une raison inconnue et que les autres passagers se sont penchés au-dessus de l'eau, faisant chavirer le bateau.

Les rescapés du naufrage, qui s'est produit dans le sud-est de la mer Egée, près de l'îlot de Pharmakonisi, à proximité des côtes occidentales turques, ont été conduits sur l'île grecque voisine de Leros et placés en centre de rétention.

Le haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), dans un communiqué, a insisté pour que les autorités grecques "fassent la lumière sur l'accident et la façon dont des vies ont été perdues sur un bateau remorqué" par la police portuaire grecque.

Le HCR s'interroge notamment sur des témoignages de rescapés indiquant que les Grecs venus au secours de l'embarcation avaient entrepris de la rediriger vers les eaux territoriales turques. Le communiqué fait état d'un groupe de 26 Afghans et 2 Syriens.

Les autorités maritimes grecques ont démenti mercredi avoir repoussé les migrants vers la Turquie, arguant du fait que l'endroit où le bateau avait chaviré se trouve à l'ouest de l'endroit où il a été pris en charge par les garde-côtes, c'est à dire "en direction de la Grèce et plus précisément de l'île de Pharmakonisi", selon un communiqué.

Par ailleurs, ajoute la même source, "remorquer le bateau était la méthode la plus appropriée car un transbordement sur le bateau des garde-côtes aurait été dangereux et incertain compte-tenu de la météo".

En novembre, un rapport de l'ONG allemande ProAsyl, basée sur des entretiens avec des migrants, avait dénoncé les renvois fréquents par les autorités grecques, vers la Turquie, des clandestins tentant d'accéder au territoire européen, en violation des conventions internationales.

La Grèce est une des portes d'entrée dans l'Union européenne pour les migrants et réfugiés qui fuient des pays déshérités ou en proie à des conflits d'Afrique, du sous-continent indien, du Moyen-Orient et particulièrement de Syrie en raison de la poursuite de la guerre.

Les passages de réfugiés par la mer sont en augmentation à la suite de contrôles plus stricts le long de la frontière septentrionale terrestre entre la Grèce et la Turquie.

Selon le communiqué de l'ONU, 40.000 migrants irréguliers sont arrivés par la mer en Italie, à Malte et en Grèce en 2013 et contrairement aux années précédentes, les traversées n'ont pas ralenti durant l'hiver du fait des conditions climatiques moins favorables.

En novembre, au moins douze migrants qui seraient d'origine syrienne, dont quatre enfants, avaient péri lors du naufrage de leur embarcation sur la côte ouest de la Grèce, en mer Ionienne.

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