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Les patrons de la hi-tech inquiets des contrecoups du scandale de la NSA

22/01/2014 09:19 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Les patrons des entreprises de la hi-tech réunis mercredi à Davos se sont inquiétés des contrecoups pour leurs entreprises du scandale de la collecte illicite de données par les gouvernements, au premier chef des Etats-Unis.

Les bouleversements économiques provoqués par les nouvelles technologies sont logiquement inscrites au programme du forum économique mondial de Davos qui a commencé ses travaux mercredi, quelques jours après l'annonce par le président américain Barack Obama de garde-fous pour limiter les pouvoirs de la NSA, l'agence nationale de renseignement.

"Ca a été un peu le Far-West autour du monde", a commenté sur ce sujet le patron de Cisco, John Chambers, lors des débats à Davos.

"Nous devons être capable de rétablir un lien de confiance avec les utilisateurs", a déclaré celle du groupe internet Yahoo! lors de la même séance de discussions, consacrée à la révolution numérique.

"La confiance a pris un coup, pas seulement aux Etats-Unis, mais aussi sur la scène internationale, dans des pays vraiment préoccupés par ce que la NSA observe", selon Marissa Mayer.

Les révélations en 2012 du sous-traitant de la NSA Edward Snowden sur le fait que l'agence américaine espionnait des communications à travers le monde à grande échelle, y compris chez ses alliés, a déclenché un séisme diplomatique.

Les utilisateurs "ont besoin de pouvoir comprendre quel type de données on (les autorités) nous demande et comment ces données vont être utilisées", a dit Mme Mayer.

Elle a dit que les autorités locales aux Etats-Unis ont déjà transmis à Yahoo! des éléments expliquant pour quels types de cas leurs données pouvaient être utilisées, et a estimé que la NSA devrait faire de même.

Vendredi dernier, Barack Obama a annoncé son intention de rogner les pouvoirs de l'agence de renseignement NSA en réformant la collecte de données téléphoniques, sans pour autant y renoncer, et en promettant de ne plus espionner les dirigeants de pays amis.

Les appréciations sur ce projet divergeaient à Davos entre entrepreneurs et représentants de la société civile.

Le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty a dénoncé "un faux débat entre sécurité et protection des citoyens", affirmant qu'il "ne peut pas y avoir de surveillance de masse, c'est simplement une violation du droit international".

Selon un sondage publié mardi, la réforme annoncée par le président Obama n'a pas convaincu les Américains, dont les trois-quarts considèrent qu'elle n'améliorera pas la protection de leur vie privée.

Pour Gavin Patterson, patron du groupe de télécoms British Telecom, "c'est encore opaque pour le moment", même s'il considère qu'un anonymat préservé à 100% n'était pas possible compte tenu des problèmes de sécurité.

Pour Randall Stephenson, le patron du groupe de télécoms américain AT&T, le débat a vraiment commencé en 2001 après les attentats du World Trade Center, lorsque la sécurité est devenue une préoccupation majeure.

Désormais le curseur fait un chemin inverse et doit trouver un point d'équilibre, et "je pense que les clients ont réellement beaucoup de choses à dire sur le point où doit se trouver le curseur", selon lui.

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