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Lavallée soupçonné d'avoir bloqué des investissements pour aider Accurso

22/01/2014 05:45 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Des dossiers d'investissements déposés au Fonds de solidarité FTQ par des concurrents de Tony Accurso ont-ils été bloqués par l'ex-président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée?

Un texte de François Messier Twitter Courriel

Le principal intéressé dément, mais la question se pose, dans la foulée d'une écoute électronique du 9 mars 2009 présentée à la commission Charbonneau, dans laquelle on entend Élaine Zakaïb, l'ancienne présidente-directrice générale des Fonds régionaux FTQ, parler à l'ex-président de la FTQ, Michel Arsenault.

Dans ces écoutes électroniques, elle lui explique que des projets d'investissement du Fonds de solidarité ont été bloqués parce qu'ils étaient en concurrence avec les affaires de Tony Accurso.

M. Arsenault, aussi président du conseil d'administration du Fonds de solidarité, avait appelé Mme Zakaïb pour obtenir une liste d'entrepreneurs qui faisait affaire avec les Fonds régionaux. Il voulait à l'époque prouver que le Fonds de solidarité ne faisait pas uniquement affaire avec Tony Accurso.

Mme Zakaïb, aujourd'hui ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, l'informe dans l'enregistrement que des dossiers « ont bloqués à cause de la concurrence d'Accurso ». Elle rappelle à Michel Arsenault que tous les dossiers présentés aux Fonds régionaux doivent être approuvés par le Fonds.

« Tout ce qui avait été présenté autour de Montréal, que ce soit Montérégie, Laval, Montréal-Est ou ouest, qui pouvait d'une manière ou d'un autre avoir - pis des fois là y étiraient l'élastique en bibitte là -, [...] de la compétition avec Accurso y ont été bloqués pis on n'a pas pu les faire », ajoute-t-elle.

« C'est qu'un moment donné, moi j'ai été appelé par Johnny Lavallée », poursuit Mme Zakaïb. « Il m'a dit, "dorénavant, tous les dossiers de construction, ils passent par nous autres". Fait que ça l'a enlevé de Gilles Audette [le conseiller politique de Michel Arsenault, NDLR] pis son équipe. [...]. Ça leur a enlevé cette espèce de responsabilité là de vérifier la concurrence. »

« Parle pas de ça à personne pour l'instant », lui répond alors Michel Arsenault.

Elle poursuit : « Tu pourras pas aller dire ça comme réponse parce là ils vont dire : " ils empêchent en plus des investissements dans les autres secteurs ", tsé les journalistes, là... ».

Élaine Zakaïb se demande ensuite si les informations publiées dans les médias proviennent de Jocelyn Dupuis. Elle informe Michel Arsenault que Jocelyn Dupuis, qu'elle connaît depuis la commission parlementaire sur le fiasco de la Gaspésia, est venu la voir dans la foulée de son départ de la FTQ-Construction. « Il m'a dit qui partait pour une histoire de compte de dépenses pis il a dit que si jamais ça sortait, qu'il était pour entraîner Johnny Lavallée avec lui, pis qu'y savait des affaires sur SOLIM pis sur Tony Accurso. » Elle dit l'avoir prévenu de « ne pas partir une guerre dans la FTQ-Construction. »

« J'ai dit moi, je me mêle pas pis je veux pas m'en mêler pis j'ai dit : tu devrais y penser parce que t'as faite ta vie là-dedans. Fait que réfléchis avant de faire des niaiseries. » Elle ajoute : « Je te dis ça entre toi pis moi parce que j'ai ben confiance en toi là. [...] J'ai pas répété ça à personne pis je le répéterai à qui ce soit non plus, mais en tout cas je le sais qu'il m'avait dit ça à l'époque. »

« J'y ai pas posé de question parce que [...] il était tellement aigri là quand qu'il était dans mon bureau, j'ai même pas posé de questions pis j'ai juste essayé de le calmer pis j'ai dit avant de faire des niaiseries là, dors donc! »

Mme Zakaïb termine la conversation en disant à Michel Arsenault : « Moi, j'ai pas posé aucune question, parce le moins j'en sais le mieux je me sens. »

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