NOUVELLES

La politique australienne envers les réfugiés "draconienne" (HRW)

22/01/2014 02:49 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

La politique australienne envers les demandeurs d'asile, qui consiste notamment à renvoyer les boat-people dans des pays tiers, est "draconienne", estime Human Rights Watch (HRW) dans un rapport diffusé mercredi.

"L'année 2013 a vraiment marqué un nouveau recul pour l'Australie dans le traitement des réfugiés et des demandeurs d'asile", a déclaré la directrice de HRW Australie, Elaine Pearson, lors d'une conférence de presse à Jakarta présentant le rapport.

Le nouveau gouvernement conservateur australien, en poste depuis septembre, a mis en place une politique controversée visant à renvoyer en Indonésie les bateaux de réfugiés qui quittent l'archipel pour tenter d'atteindre clandestinement l'Australie.

Cette politique s'ajoute à celle adoptée par le précédent gouvernement de centre-gauche qui consiste à renvoyer dans un pays tiers, comme la Papouasie-Nouvelle Guinée, les réfugiés qui toucheraient le sol australien par la mer. La législation, qui reste en vigueur, stipule de plus que toute demande d'asile serait alors refusée en Australie, même si elle était fondée.

"Il y a quelque chose de profondément déconcertant et déraisonnable de voir le pays le plus riche de la région imposer son fardeau à des pays plus pauvres et moins équipés", a ajouté Mme Pearson, avertissant que l'Australie risquait d'être comparée aux Etats-Unis et au traitement des prisonniers au camp de Guantanamo.

Le Premier ministre Tony Abbott a malgré tout réitéré sa volonté de poursuivre sa politique. "Arrêter les bateaux fait partie de notre souveraineté... Nous allons donc continuer à faire ce que nous sommes en droit de faire afin de protéger nos frontières", a-t-il déclaré lors d'un déplacement en Suisse.

La politique subit les foudres de l'Indonésie, dont les eaux territoriales ont été violées à plusieurs reprises par la marine australienne en renvoyant des boat-people.

Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) avait l'an dernier estimé que le placement de demandeurs d'asile dans des camps installés dans des pays tiers équivalait à une détention arbitraire.

burs-ad/sr/sm/lv/ros

PLUS:hp