NOUVELLES

IOR: les comptes de 55% des clients déjà contrôlés

22/01/2014 04:23 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Les comptes de 55% de tous les clients de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), la "banque" du Vatican, ont déjà été contrôlés, a annoncé mercredi l'IOR, dont la réforme en profondeur est à l'étude d'une commission nommée par le pape François.

"L'IOR a engagé un examen systématique des archives des clients pour repérer d'éventuelles informations manquantes ou incomplètes. A la fin de l'année, l'IOR a examiné approximativement 55% de tous les clients - soit environ 10.000 - et a pris contact avec tous les sujets pour lesquels les données n'étaient pas complètes. Dans le cadre de ce processus, l'Institut a donné la priorité aux clients les plus importants et les plus actifs", affirme l'organisme dans un communiqué.

Le processus de vérification en cours durera jusqu'à mi-2014, et fera aussi l'objet d'une inspection imminente de l'Autorité d'information financière (AIF) du Saint-Siège, a encore précisé le communiqué, qui rend compte d'un rapport sur les mesures de mises aux normes de l'institut, transmis mercredi au conseil de surveillance de l'IOR.

Le président de la "banque" du Vatican, nommé par Benoît XVI il y a près d'un an, l'Allemand Ernst von Freyberg, a par ailleurs "ordonné de mener diverses enquêtes spéciales sur des comptes et des transactions déterminées". Aucune précision n'a été donnée sur celles-ci.

L'IOR a également défini précisément les catégories de clients ayant le droit de posséder des comptes chez lui: "institutions catholiques, ecclésiastiques, employés ou ex-employés de l'Etat du Vatican titulaires de comptes pour leurs salaires et retraites, et ambassades et diplomates accrédités près du Saint-Siège".

Selon le communiqué, les "institutions" représentent actuellement environ 85% des fonds de l'IOR.

"Les relations avec les clients qui ne rentrent pas dans ces catégories cesseront" dans le cadre d'un processus "qui ne doit cependant pas être confondu avec la suspension des relations avec des clients pour violations des normes contre le recyclage".

L'IOR a précisé entretenir des relations avec environ 35 banques, ce réseau dans le monde entier lui permettant "d'offrir des services de paiement globaux, en particulier à ses clients institutionnels, qui détiennent la plus grande partie du patrimoine déposé à l'Institut".

En attendant que les autorités italiennes de réglementation valident les normes contre le blanchiment promulguées par le Saint-Siège, l'IOR est "prêt à reprendre les relations avec les institutions financières italiennes", affirme encore l'Institut.

L'IOR annonce qu'il publiera mi-2014 son rapport annuel.

Fin décembre 2012, des fonds de clients, pour un montant total de 6,3 milliards d'euros, étaient gérés par l'IOR, qui disposait d'un patrimoine net de 769 millions d'euros.

Le Vatican a demandé l'an dernier à une société de consultants américaine, Promontory, de contrôler les comptes de l'IOR, qui a été dans le passé au centre de sulfureux scandales de recyclage d'argent sale.

Une commission d'experts doit rendre compte en février au pape de ses propositions pour une réforme de l'IOR.

jlv/lrb/abk

PLUS:hp