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Echec d'un traitement antituberculeux chez des mineurs sud-africains (étude)

22/01/2014 05:00 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Un traitement avec de l'isoniazide, un antibiotique, normalement efficace pour prévenir la tuberculose, n'a pas permis d'éviter la transmission de l'infection chez des mineurs sud-africains à haut risque, selon une étude publiée mercredi aux Etats-Unis.

Ces Sud-Africains travaillant dans des mines d'or ont été traités pendant neuf mois et suivi 12 mois après la fin du traitement.

"Les résultats de cette étude sont décevants et un peu surprenants: l'isoniazide n'a eu aucun effet sur le taux élevé de tuberculose (trois cas pour 100 personnes) dans les deux groupes étudiés", selon l'essai clinique publié dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine.

Même dans les mines où le taux de participation au traitement était le plus élevé, il n'y a eu aucun effet protecteur mesurable, selon l'étude.

Les chercheurs ont expliqué cet échec par la très forte prévalence de la tuberculose dans cette population.

Selon eux, tant que les mineurs prenaient l'isoniazide; ils étaient protégés contre l'infection par de nouvelles souches du bacille ou l'antibiotique a permis de retarder l'apparition des symptômes d'une tuberculose latente. Dans un tel contexte inhabituel, le traitement avec l'isoniazide aurait du être prolongé voire maintenu indéfiniment, mais avec de possibles effets toxiques ou un risque de développer une résistance au traitement, souligne l'étude.

La seconde raison avancée pour expliquer l'inefficacité préventive de l'isoniazide est l'échec des participants à suivre correctement le traitement.

La tuberculose se transmet quand des personnes non-contaminées inhalent des bactéries projetées dans l'air par celles atteintes de la maladie.

Des antibiotiques peuvent guérir l'infection mais le fait que le traitement soit long et exige aucune interruption le rend difficile à suivre dans les pays en développement où la disponibilité des antibiotiques est aussi limitée.

Selon le dernier rapport annuel de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la tuberculose recule dans le monde avec 8,6 millions de personnes qui ont contracté l'infection en 2012 contre 8,7 millions l'année précédente, soit une baisse de 45% depuis 1990.

Mais la tuberculose a encore fait 1,2 million de morts en 2012 et reste la seconde maladie infectieuse la plus meurtrière après le sida.

js/mdm

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