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Abe, les opportunités et les risques des hi-tech en vedette à Davos

22/01/2014 07:50 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est à Davos mercredi pour défendre sa politique économique et étrangère devant les leaders mondiaux qui ont commencé à débattre des grands défis de l'économie mondiale, notamment l'impact des nouvelles technologies.

M. Abe doit prendre la parole devant un parterre de patrons, chefs d'Etat et de gouvernement ou leaders d'opinion à 16H45 GMT.

M. Abe devrait notamment défendre sa politique de relance économique non conventionnelle, connue comme "Abenomics", qui repose sur "trois flèches": la dépense budgétaire, la politique monétaire et les réformes structurelles, mais dont l'efficacité n'est pas encore complètement prouvée.

Le chef d'Etat pourrait aussi évoquer, peut être à mots couverts les tensions diplomatiques actuelles avec la Chine à propos de la souveraineté d'îles inhabitées entre les deux pays.

Les quelques 2.500 participants réunis comme chaque hiver dans la vallée suisse enneigée ont commencé mercredi leurs réflexions et leurs travaux sur l'état du monde.

Les bouleversements provoqués par les nouvelles technologies ont été abordées mercredi matin, notamment par la patronne de Yahoo! Marissa Mayer ou celui de Cisco John Chambers, qui ont insisté sur les chambardements provoqués par les smartphones et l'explosion du trafic vidéo.

"Le smartphone est devenu la télécommande de la vie de tout un chacun, dictant à peu près tout ce que nous faisons dans notre vie professionnelle ou domestique", a déclaré le patron d'AT&T Randall Stephenson, évoquant les maisons connectées, les applications professionnelles, et ajoutant par exemple que "la voiture connectée arrive à très grande vitesse".

La protection des données et de la vie privée a aussi été abordée moins d'une semaine après l'annonce par le Barack Obama promettant des garde-fous à la collecte de renseignements par la NSA après le scandale Prism.

"Ca a été un peu le Far-West autour du monde", a commenté M. Chambers, tandis que Mme Mayer a déclaré qu'il fallait "être capable de rétablir un lien de confiance avec les utilisateurs".

Le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty a dénoncé "un faux débat entre sécurité et protection des citoyens", affirmant qu'il "ne peut pas y avoir de surveillance de masse, c'est simplement une violation du droit international".

"L'Europe n'est pas de retour"

Sur l'économie dans son ensemble, si le FMI a légèrement relevé mardi ses prévisions de croissance pour le PIB mondial en 2014, à 3,7% (+0,1 point par rapport à la précédente prévision), toutes les zones ne sont pas logées à la même enseigne pour les participants au forum.

Si l'Afrique est vue par beaucoup comme une terre d'opportunités, certains se sont alarmés de la situation de l'Europe, qui se débat face à une croissance atone, un chômage élevé et une inflation faiblarde.

"Je pense que l'Europe devrait être reconsidérée comme un pays émergent", a déclaré le patron du groupe pétrolier Total, Christophe de Margerie, à l'occasion d'une conférence de presse, appelant à une refonte totale du modèle économique pour être plus compétitif.

"Les choses semblent meilleures, elles semblent mieux qu'elles ne le sont vraiment, mais l'Europe n'est pas de retour", a déclaré Axel Weber, président du conseil d'administration de la banque suisse UBS et ancien patron de la banque centrale allemande.

L'agenda diplomatique du Forum s'étoffera jeudi et vendredi avec des acteurs de premier plan des crises actuelles. Le président iranien Hassan Rohani s'exprimera jeudi matin sur la place de "l'Iran dans le monde", quelques heures avant un de ses rivales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

M. Rohani a dit sur Twitter, qu'outre son discours, il aurait des rencontres bilatérales, qu'il participerait à deux sessions de débats et qu'il parlerait à la presse.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry viendra à Davos vendredi, après avoir participé à la conférence de paix sur la Syrie qui s'est ouverte mercredi à Montreux, à quelques centaines de kilomètres de Davos.

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