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Soudan du Sud: le président Kiir accuse l'ONU de vouloir monter un "gouvernement parallèle"

21/01/2014 09:08 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Le président sud-soudanais Salva Kiir a tiré à boulets rouges sur l'ONU, très critique vis-à-vis des rebelles sud-soudanais mais aussi du gouvernement de Juba depuis le début des combats dans la jeune Nation et qu'il accuse de vouloir monter "un gouvernement parallèle".

"Nous ne savions pas que quand la Minuss (Mission des Nations unies au Soudan du Sud) avait été amenée au Soudan du Sud, elle l'a été en tant que gouvernement parallèle (...) Mais ils l'ont montré de façon très claire dans ce conflit", a-t-il lancé dans un discours lundi.

Cette attaque en règle du chef de l'Etat sud-soudanais contre les Nations unies est intervenue alors que l'ONU a dénoncé de multiples atrocités perpétrées par les deux parties au conflit depuis le début des affrontements le 15 décembre.

La Minuss a également affirmé faire l'objet de pressions croissantes de la part des deux camps, parce qu'elle héberge des dizaines de milliers de civils dans ses bases à travers le pays.

Par la voix d'un porte-parole, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est lui-même dit "alarmé par la tentative d'importants membres du gouvernement et de l'armée sud-soudanais d'entrer de force" dans une base abritant des civils. L'incident s'est produit dimanche dans la base onusienne de Bor (Etat du Jonglei, est), où l'armée a dit vouloir vérifier si des rebelles ne s'étaient pas fondus dans la masse des milliers de réfugiés présents.

"Ils (les Nations unies) n'ont pas réussi à nommer le chef de la Minuss co-président de la République du Soudan du Sud", a poursuivi M. Kiir. "Ils n'ont pas réussi, mais si c'est vraiment la position de Ban Ki-moon, il devrait dire clairement qu'il veut que l'ONU prenne le pouvoir au Soudan du Sud".

Le conflit qui ravage le plus jeune pays de la planète, indépendant du Soudan depuis seulement juillet 2011, a déjà fait plusieurs milliers de morts et près d'un demi-million de déplacés. Plus de 67.000 d'entre eux sont réfugiés dans les bases de l'ONU à travers le pays.

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