NOUVELLES

Renoncer à inviter l'Iran à la conférence sur la Syrie est une "erreur" (Lavrov)

21/01/2014 02:30 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

La Russie considère comme une "erreur" la décision de l'ONU de renoncer à inviter l'Iran à la conférence Genève II sur la Syrie, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant la presse.

"C'est bien sûr une erreur", a déclaré M. Lavrov.

"Nous avons toujours souligné que tous les acteurs extérieurs qui ont une influence sur la situation devaient être représentés", a-t-il ajouté, interrogé sur la décision du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, peu après avoir invité l'Iran, d'exclure ce pays pour sauver la conférence qui commence mercredi.

M. Lavrov a critiqué les explications données par M. Ban pour son revirement.

"Quand le secrétaire général de l'ONU a dit qu'il était contraint d'annuler son invitation à l'Iran parce que l'Iran ne partage pas les principes du règlement inscrits dans le communiqué de Genève (de juin 2012, ndlr), c'est à mon avis une phrase assez retorse", a déclaré M. Lavrov.

"Ceux qui ont exigé que l'on annule l'invitation de l'Iran sont ceux qui affirment que la mise en oeuvre du communiqué de Genève doit aboutir à un changement de régime" en Syrie, a déclaré le ministre russe.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui souhaitent le départ de Bachar al-Assad, avaient tous trois fait d'un soutien iranien à une transition démocratique une condition sine qua non de sa présence à la conférence.

"C'est une interprétation malhonnête de ce dont nous avons convenu à Genève en juin 2012", a poursuivi M. Lavrov.

Le ministre russe a cependant estimé qu'il n'y avait pas de "catastrophe" dans l'absence de l'Iran à Genève II.

"Je regrette simplement que toute cette histoire n'ait guère renforcé l'autorité de l'Organisation des Nations Unies", a-t-il déclaré.

La Russie, fidèle allié du régime de Bachar al-Assad, est à l'origine avec les Etats-Unis de la proposition de mener la conférence de paix Genève II, qui doit tenter de trouver une solution politique à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

lpt/gmo/ros

PLUS:hp