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Projets d'accords pour mettre fin au conflit au Soudan du Sud

21/01/2014 06:13 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Les belligérants du conflit au Soudan du Sud étudiaient deux projets d'accord destinés à mettre fin aux combats qui ravagent le jeune pays depuis un mois, mais un sommet des pays médiateurs prévu à Juba a été annulé mardi sans explications.

Les deux textes, consultés par l'AFP mardi, prévoient, pour l'un, un engagement des parties à cesser les hostilités, et pour l'autre, la libération de 11 responsables politiques emprisonnés depuis le début des combats, le 15 décembre à Juba, entre les forces loyales au président Salva Kiir et les partisans de son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet.

La libération des 11 détenus est l'un des points de blocage des pourparlers en cours à Addis Abeba, sous la médiation de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), bloc de sept pays est-africains, les partisans de Riek Machar exigeant leur libération avant tout cessez-le-feu.

Un Sommet de l'Igad prévu jeudi à Juba, auquel devait prendre notamment part le président soudanais Omar el-Béchir, a été annulé a indiqué l'agence officielle soudanaise Suna, sans en préciser les raisons.

L'annulation du Sommet, dont l'ordre du jour précis n'avait pas été annoncé, n'a pas été officiellement confirmé par l'Igad.

La fin des combats au Soudan du Sud - qui ont fait des milliers de morts et un demi-million de déplacés en un peu plus d'un mois - est crucial pour le Soudan, dont l'économie dépend largement des redevances tirées du passage dans ses oléoducs du brut sud-soudanais.

Depuis la partition du Soudan et l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, à l'issue d'une longue guerre civile (1983-2005) entre pouvoir soudanais et rébellion sudiste, Khartoum a perdu le contrôle de 75% de ses ressources pétrolières.

Pertes ougandaises

Le premier projet d'accord sur la cessation des hostilités prévoit que les belligérants s'engagent à "cesser immédiatement toutes les opérations militaires et à geler leurs forces à l'endroit où elles se trouvent", à "s'abstenir de toute action pouvant conduire à une confrontation militaire" et à cesser toute "campagne médiatique et de propagande".

Le texte spécifie également que les parties au conflit doivent notamment "s'abstenir d'attaquer les populations civiles (...) de commettre des viols, des violences sexuelles et des tortures" et "cesser "les exécutions sommaires".

A la rivalité politique entre MM. Kiir et Machar au sein du régime issu de l'ex-rébellion sudiste, se greffent les antagonismes - également hérités de la guerre civile - entre les peuples Dinka et Nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

Selon l'ONU, de nombreuses atrocités ont été commises par les deux camps contre les populations civiles, dont des tueries à caractère ethnique. La mission onusienne locale (Minuss) a également dénoncé une tentative de soldats gouvernementaux d'entrer en force dans une de ses bases où sont réfugiés de nombreux civils.

M. Kiir a réagi en accusant lundi soir l'ONU de vouloir créer "un gouvernement parallèle" au Soudan du Sud.

Selon le second projet de texte, il sera demandé au président Kiir de "gracier et libérer (...) afin de leur permettre de participer au dialogue" 11 hauts responsables sud-soudanais arrêtés au début des combats à Juba, sous l'accusation de tentative de coup d'Etat.

Le document prévoit aussi "un processus de réconciliation nationale ouvert à tous, dans lequel les détenus et autres acteurs politiques ont un rôle important à jouer".

Lundi, le président Kiir avait estimé que "la grâce présidentielle et des amnisties générales devaient faire partie des efforts de paix", tout en souhaitant que "l'enquête sur (l'origine de) la crise se poursuive et que ceux qui ont commis des atrocités en répondent".

Il avait admis le principe d'un "dialogue national (...) avec la participation des suspects dans le coup d'Etat raté", tout restant vague sur les suites judiciaires à leur égard.

Parallèlement, l'armée ougandaise a admis mardi avoir perdu neuf soldats au Soudan du Sud depuis qu'elle y intervient aux côtés de l'armée sud-soudanaise. L'implication de troupes ougandaises dans les combats contre les forces pro-Machar pourrait compliquer les efforts de l'Igad, dont l'Ouganda est un des membres.

Le projet de texte sur la fin des hostilités prévoit que les belligérants "redéploient et/ou retirent progressivement du théâtre des opérations les groupes armés et forces alliées invités par l'une ou l'autre partie".

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