DIVERTISSEMENT
21/01/2014 06:00 EST | Actualisé 21/01/2014 08:27 EST

«Peter Doig. Nulle terre étrangère» au Musée des beaux-arts de Montréal (PHOTOS/VIDÉO)

L’exposition présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, Peter Doig. Nulle terre étrangère, est une revue étonnamment riche et profonde de l’œuvre de cet artiste de renommée internationale. Ces tableaux somptueusement colorés illustrent les influences qui ont jalonné la vie de Peter Doig. Ses archives de photographies, ses voyages et l’inspiration de grands maîtres comme Henri Matisse, Paul Gauguin et Tom Thomson émaillent son parcours de découvertes artistiques. Les toiles achevées et les dessins préparatoires sont souvent regroupés afin d’offrir un aperçu de la façon dont compose l’artiste.

Né en Écosse et formé à Londres, Peter Doig a habité Montréal durant les années 1980 et il vit aujourd’hui à La Trinité. Pour souligner ses années passées à Montréal, lors de la conférence de presse d’ouverture, l’artiste a reçu un chandail des Canadiens présenté par les joueurs retraités, Guy Lafleur et Réjean Houle.

peter doig

«Quand on me demande ce que je peins, je réponds “des paysages”». Ses tableaux sont aussi des paysages de l’esprit. Ce sont «des images qui ne représentent pas la réalité, mais qui se situent en quelque sorte entre la réalité d’une scène et des impressions qui flottent dans votre tête.» En regardant les œuvres saturées de couleurs, d’autres significations surviennent et déclenchent des souvenirs. Par exemple, ses peintures lumineuses et diffuses évoquent les travaux des peintres impressionnistes comme ceux de Monet. Une toile, représentant un homme en haut de forme, est un coup de chapeau à l’artiste du 19e siècle, Honoré Daumier.

Pour saisir l’ensemble de cette exposition, il faut y prendre le temps : s’attarder à obtenir le meilleur de chaque œuvre; discerner son propos. Des joueurs de cricket s’élancent gracieusement dans un simple champ en couleur. Des voyageurs se déplacent sur l’eau au cœur d’une attirante forêt tropicale. Des gens jouent au ping-pong. Les scènes sont pénétrées de couleurs. «Je recherche constamment des couleurs inhabituelles pour traiter des situations habituelles.»

Peter Doig est reconnu pour ses représentations emblématiques d’un canot. Dans bon nombre de celles-ci, une personne assise dans le canot fixe le spectateur. Mais son visage est indistinct. Dans le calme de l’eau immobile, il y a un sentiment de mystère, un thème récurrent. Par exemple, The Strange Dark Girl (2007) a été inspiré par une légende de La Trinité au sujet d’esprits vivant dans les forêts. Plusieurs de ses personnages ambigus, souvent flous et imprécis, irradient un sens spirituel. À l’instar des théories du mythologue Joseph Campbell, on pourrait interpréter les personnages de Doig comme des guides du subconscient. Ils diffusent un sens de l’inconnu tout en semblant montrer la voie.

peter doig

Avant tout, Peter Doig est un maître de la couleur. Ses tons sont à la fois puissants et légèrement diaphanes. En visitant l’exposition, surtout par une grise journée sur Montréal, on est frappé par les couleurs sensuelles et les atmosphères luxuriantes. Ses rouges sont mémorables. Figures in a Red Boat (2005-2007) montre des hommes vêtus de blanc flottant dans un bateau motorisé écarlate dont la forme se dilue dans sa propre réflexion. Dans Paragon 2006, le rouge vibre contre les verts complémentaires.

Certaines de ses scènes présentent des motifs intéressants qui rappellent des artistes comme Bonnard et Matisse. Dans une toile intitulée Painting for Wall Painters (Prosperity P.o.S.), l’ensemble du tableau est constitué de drapeaux internationaux, leur composition formant un dessin géométrique. L’artiste introduit également des éléments pour faire écran, comme placer des troncs d’arbres ou de la neige devant le sujet principal afin de lui superposer l’apparence d’un motif. «Tout semble différent quand il neige.»

peter doig

L’exposition est présentée par le Musée des beaux-arts de Montréal et les National Galleries of Scotland d’Édinbourg. Les commissaires sont Stéphane Aquin, conservateur de l’art contemporain au MBAM, et Keith Hartley, conservateur en chef de la National Gallery of Modern Art.

Peter Doig. Nulle terre étrangère

Au Musée des beaux-arts de Montréal

Du 25 janvier au 24 mai 2014

Au Pavillon Michal et Renata Hornstein

1380, rue Sherbrooke Ouest

Pour plus d’informations : www.mbamtl.org

Peter Doig. Nulle terre étrangère

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.



> Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?