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Les Kurdes désignent une assemblée locale dans le nord-est de la Syrie

21/01/2014 12:20 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Les Kurdes de Syrie ont désigné mardi une assemblée locale dans un des trois cantons majoritairement kurdes du nord-est du pays dont ils avaient annoncé la création il y a deux mois, a indiqué un responsable.

"Nous avons nommé un conseil cantonal pour le secteur de Jazira", a déclaré à l'AFP Saleh Muslim, chef du puissant Parti de l'union démocratique (PYD, principal parti kurde syrien). "Bientôt d'autres conseils similaires seront nommés à Afrin et Kobani, les deux autres cantons des régions kurdes".

En novembre, des formations kurdes avaient annoncé l'établissement d'une administration autonome de transition. En vertu de cette décision, la région kurde de Syrie devait être divisée en trois zones appelées cantons, dotées chacune d'une assemblée locale ainsi que de représentants au sein d'un organe exécutif régional.

Les 22 membres du conseil cantonal de Jazia seront chargés de gérer des questions allant de la défense aux finances.

M. Muslim a expliqué que sa création était "nécessaire pour s'assurer qu'il n'y ait pas de vide politique". "Nous ne pouvons pas attendre qu'il y ait une solution politique à la crise en Syrie pour commencer à gérer les affaires sur le terrain. Les gens doivent voir leurs besoins quotidiens satisfaits".

La quasi-totalité des forces gouvernementales se sont retirées à la mi-2012 des zones kurdes, un retrait vraisemblablement destiné à encourager les Kurdes à ne pas s'allier aux rebelles. Plus récemment, des combats ont opposé les combattants kurdes aux jihadistes.

Le PYD est la force kurde la mieux armée de Syrie et est accusé par ses détracteurs de tentative d'hégémonie et d'avoir recours à des méthodes violentes pour faire taire les dissensions, mais M. Muslim a souligné que "le conseil cantonal n'était pas exclusivement kurde": "Des musulmans et chrétiens arabes en font aussi partie. L'auto-administration ne veut pas dire que nous sommes exclusifs".

Havidar, un journaliste kurde syrien et dissident désormais basé en Turquie, a affirmé que les représentants au sein du conseil étaient "soit des membres du PYD, soient des gens ayant peur du PYD". "Je suis pour tout ce qui aide à garantir les droits des Kurdes, mais le PYD ne s'intéresse pas à nos droits, il veut imposer son pouvoir via les armes".

"Comment peuvent-ils annoncer la création d'un conseil local s'ils ne peuvent même pas fournir de l'électricité ou des soins de base à la population?" s'est-il interrogé.

Les Kurdes représentent environ 15% de la population syrienne. Ils ont souffert des décennies de marginalisation et d'oppression.

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