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Le salon de la Haute Horlogerie de Genève veut ignorer la crise

21/01/2014 10:30 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Le 24ème Salon international de la haute-horlogerie (SIHH), qui réunit tous les ans en janvier à Genève les professionnels du secteur, veut ignorer la crise, conforté par des ventes en hausse, même si la Chine n'est plus le moteur principal de la croissance.

Selon le rapport 2014 du secteur horloger mondial (WorldWatchReport), publié à l'ouverture du SIHH, les marques de la haute horlogerie affichent une croissance de 12% de leurs ventes, et en dépit d'un légère décélération, "l'intérêt en Chine pour les marques de montres de luxe est toujours élevé".

Signe de cet optimisme pour le haut de gamme, de nouvelles marques se font jour ou renaissent. Ainsi cette année, la maison Ferdinand Berthoud, propriété du groupe Chopard, va être relancée.

De même, la Manufacture Royale, un atelier de fabrication de montres pour les têtes couronnées, vient d'être rachetée par la famille Gouten, qui veut lui donner une nouvelle jeunesse.

Le salon pense attirer plus de 13.000 visiteurs, exclusivement des professionnels.

Dans les allées feutrées et moquettées, où se cotoient durant 4 jours, du 20 au 24 janvier, 16 horlogers de luxe, un homme en costume, le visage mangé par une barbe de 3 jours, se mêle anonymement aux visiteurs, flanqué de son fils. Il s'agit du Sud-africain Johann Rupert, patron du groupe Richemont, un géant du secteur, qui regarde d'un oeil d'expert les vitrines de stands où sont exposées les plus belles pièces.

Chez Officine Panerai, tous les exemplaires d'une édition spéciale de montre de poche, en or blanc ou or rose, ont été vendues le premier jour. "Il s'agit de 100 pièces en tout, elles sont toutes vendues, pour un prix unitaires de 59.000 euros", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'horloger italien, qui aime à rappeler que la marque s'est rendue célèbre par ses montres fabriquées spécialement pour les commandos de la marine royale italienne, durant la 2ème guerre mondiale.

Ces montres de gousset, qui s'adressent à une clientèle de collectionneurs, sont aussi des montres de plongée, garanties jusqu'à 50 mètres de profondeur.

Le salon de Genève est réservé aux très grandes marques, telles que Cartier, Van Cleef, Vacheron-Constantin ou Jaeger-LeCoultre, qui ne sont pas présentes à Baselworld, le plus grand salon mondial de la joaillerie et de l'horlogerie, qui se tient au printemps à Bâle.

Au SIHH, Cartier, le plus gros exposant, présente une nouveauté, la Calibre Diver, sa première montre de plongée, étanche à 300 mètres.

"C'est un compromis entre les exigences techniques d'une montre de plongée, et esthétiques propres à Cartier", a indiqué un responsable de la marque, en présentant le dernier-né de la gamme, proposé à partir de 5.550 euros.

Comme toutes les marques appartenant à Richemont, Cartier ne publie aucun chiffre concernant sa production ou son chiffre d'affaires.

Le couturier américain Ralph Lauren, qui s'est lancé dans la haute-horlogerie en 2009, présente également ses dernières créations, surtout prisées actuellement par une clientèle japonaise et américaine.

Chez Piaget, la grande nouveauté 2014, est la montre mécanique la plus fine du monde, avec une épaisseur de 3,65 mm, un défi technique qui a nécessité 3 ans de recherches, selon un responsable de la marque.

Afin de séduire une clientèle d'amateurs de plus en plus éclairés, qui considèrent les montres comme un investissement diversifié, les horlogers redoublent d'imagination, multipliant à l'infini les complications, les dessins, ou les performances de leurs pièces.

Richard Mille, un des rares horlogers indépendants présents au Salon, a vu son chiffre d'affaires augmenter de 20% en 2013. La marque a produit un peu moins de 3.000 montres, mais en deux ans leur prix moyen est passé de 100.000 à 150.000 francs suisses...

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