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Kenya/procès du Westgate: le tribunal se rend sur les lieux du carnage

21/01/2014 10:25 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Le tribunal qui juge quatre hommes pour leur soutien présumé "à un groupe terroriste" en lien avec l'attaque islamiste contre le centre commercial Westgate de Nairobi fin septembre s'est déplacé mardi sur les lieux du carnage.

En présence des accusés, jugés depuis le 15 janvier dans la capitale kényane, les magistrats ont arpenté les galeries encore carbonisées du centre commercial, ainsi que les parties du bâtiment qui se sont effondrées lors de l'attaque qui a fait officiellement 67 morts.

Les quatre accusés, Adan Mohamed Abidkadir Adan, Mohamed Ahmed Abdi, Liban Abdullah Omar et Hussein Hassan Mustafah, Somaliens ou d'ethnie somali, ne sont pas soupçonnés d'avoir participé à l'assaut mené par un commando islamiste mais de l'avoir soutenu -- l'acte d'accusation ne dit pas comment.

Le samedi 21 septembre à la mi-journée, ce commando islamiste - vraisemblablement constitué de quatre autres hommes - avait pris d'assaut le Westgate en tirant sans discernement sur les commerçants et les clients de ce luxueux centre commercial de la capitale kényane, avant de s'y retrancher.

Les forces de sécurité avaient alors lancé une série d'assauts pour les déloger. Selon un membre des forces spéciales kényanes, les opérations avaient tourné à la partie de "cache-cache" avec les islamistes, aidés par la configuration des lieux: une myriade de magasins et de restaurants répartis sur quatre étages.

L'attaque a été revendiquée par les islamistes somaliens shebab affiliés à Al-Qaïda, qui ont dit agir en représailles de l'intervention militaire kényane menée contre eux dans le sud somalien depuis fin 2011. L'armée kényane a intégré depuis une force de l'Union africaine en Somalie, et contribué à chasser les shebab de nombre de leurs bastions.

Le procès des quatre accusés - qui nient tous nient les charges retenues contre eux - a commencé avec le témoignage de gardes de sécurité qui ont raconté comment l'assaut avait été lancé.

Les assaillants sont présumés avoir été tués lors des affrontements avec les forces de l'ordre. Mais le fait que le bâtiment se soit partiellement effondré a rendu impossible l'identification de leurs cadavres, tout comme il a rendu difficile l'établissement d'un bilan précis.

Compte tenu des disparus, des sources occidentales ont ainsi estimé que le nombre total de morts pourrait être en fait de 94.

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