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Irak: 22.000 familles déplacées dans la province d'Al-Anbar (ONU)

21/01/2014 07:24 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

L'ONU a fait état mardi de plus de 22.000 familles déplacées en raison des violences dans la province irakienne d'Al-Anbar, où la ville de Fallouja et certains secteurs de Ramadi sont tombés début janvier aux mains d'insurgés.

Mettant en garde contre "une hausse exponentielle du nombre de familles déplacées", la représentation de l'ONU à Bagdad a précisé dans un communiqué que le chiffre annoncé était vraisemblablement inférieur à la réalité, de nombreux déplacés ne s'étant pas enregistrés.

La plupart des déplacés ont trouvé refuge dans d'autres secteurs de cette province de l'ouest du pays, mais certains ont fui plus loin, notamment dans la région autonome du Kurdistan irakien, a ajouté l'ONU.

Mardi, les forces irakiennes - soldats, policiers, forces spéciales- appuyées par des membres de tribus soutenant le gouvernement poursuivaient leur assaut débuté dimanche contre des quartiers de Ramadi.

Une douzaine de membres de ces forces ont été blessés dans la matinée par des tireurs embusqués dans les quartiers de Malaab et Dhubat, dans le centre de Ramadi, à 100 kilomètres à l'ouest de Bagdad, selon un officier de police et un médecin de l'hôpital de la ville.

Des hommes armés liés à Al-Qaïda tiennent également Fallouja, 40 km plus à l'est, où ils ont créé un tribunal islamique et imposent leur loi, selon des habitants.

Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Adnane al-Assadi a averti lundi que les groupes insurgés avaient suffisamment d'armes pour "occuper Bagdad", au lendemain d'un appel à se diriger vers la capitale lancé à ses hommes par le chef de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe lié à Al-Qaïda.

Ailleurs dans le pays, les violences ont fait neuf morts mardi, portant à près de 700 le bilan des tués en Irak depuis début janvier, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources médicales et officielles.

Cinq personnes ont été tuées à Mossoul et Baqouba (nord), tandis que quatre ont péri dans l'explosion d'une voiture piégée à Bagdad, ont indiqué des sources médicales et au sein des services de sécurité.

L'escalade de la violence fait craindre un retour aux heures sombres de 2006-2007, quand un conflit confessionnel avait fait des milliers de morts.

L'organisation Human Rights Watch a affirmé dans son rapport annuel publié mardi que les abus commis par les forces de sécurité irakiennes "aggravaient la violence".

"Les Irakiens aujourd'hui sont pris en étau entre des violences cautionnées par l'Etat et des attaques terroristes", a affirmé Joe Story, directeur adjoint de l'ONG dans la région.

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