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Haute couture: le retour de Vionnet avec Hussein Chalayan

21/01/2014 05:41 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

La maison centenaire Vionnet a fait son retour en couture mardi, avec une collection créée par le Britannique Hussein Chalayan, qui a défilé entre la Française Bouchra Jarrar et Giorgio Armani.

- Vionnet, tout en suggestion

Madeleine Vionnet, qui créa sa maison en 1912, est considérée comme l'une des plus grandes couturières françaises. En 2012, une femme d'affaires kazakh, Goga Ashkenazi, avait repris cette maison.

Elle a fait appel récemment au créateur britannique Hussein Chalayan, pour la ligne "demi couture". Il s'agit, selon la maison, de "mixer l'artisanat de la haute couture traditionnelle avec l'accessibilité du prêt-à-porter". Il devrait ainsi y avoir moins de prises de mesure qu'en haute couture, explique-t-on.

Hussein Chalayan a exclusivement présenté des robes du soir très longues, souvent près du corps et semblent réservées aux jeunes femmes (très) bien faites.

Les premières sont composées de superpositions de couches d'organza, dans des tons pastels, qui laissent voir le corps en transparence et sont coupées au laser. Le créateur, connu pour son travail avant-gardiste et son sens de la provocation, associe ensuite tissus fluides, plissés, transparents, et tissus technologiques plus rigides. Il rend hommage à la couture avec un imprimé, qui fait penser à un patron de couturière.

- La haute couture en pantalon de Bouchra Jarrar

Après avoir travaillé chez Balenciaga et Christian Lacroix, Bouchra Jarrar a lancé sa maison en 2010. Elle est rapidement devenue une incontournable dans le calendrier des défilés, et a obtenu fin 2013 l'appellation "haute couture", rejoignant quatorze autres maisons françaises, dont Chanel, Dior, Gaultier.

Mardi, elle a donné sa vision d'une élégance moderne en 26 silhouettes. Bouchra Jarrar a fait défiler seulement trois robes longues, "des robes tubes", en satin cuir fluide, noire, gris anthracite puis bleu "maison", assez électrique, faisant penser à un travail d'architecte.

Pour le jour et le soir, la couturière privilégie donc les pantalons "d'uniforme", comme elle les appelle, ou "tube" en lamé bleu acier, ou encore les pantalons smoking pincés. Ils se portent avec un bolero gansé de plumes, une redingote tissée main, une veste perfecto brodée...

Au premier rang du défilé, Olivier Saillard, directeur du musée Galliera, musée de la mode de Paris. Elle est "plus proche d'un style tailleur pour homme que d'une haute couture fantaisie qui transforme les femmes en meringue", souligne-t-il. Il vante sa "précision". Sa collection? "C'est un travail qui récompense... des années de travail", juge-t-il.

- Le glamour chez Armani

La journée s'est terminée avec le défilé Giorgio Armani Privé et une collection que l'on imagine aisément portée par les fortunées du monde entier et sur les tapis rouges par les célébrités.

Dominée par un dégradé de bleus très doux, elle renvoie aux années 1920. Les mannequins ont les cheveux retenus dans un foulard. Les jambes sont allongées par les coupes qui mettent en valeur le bas de la silhouette. Elles ne portent que du long (jupes, robes, pantalons), qui peut cependant être transparent ou fendu le long de la jambe, et privilégient l'évasé.

Il y a beaucoup d'imprimés: des bandes horizontales, des motifs géométriques tels ceux présents sur les cravates d'homme. La femme Armani Privé pioche d'ailleurs chemises et vestes dans la garde-robe de son homme, ce qui la rend encore plus féminine, avec un air bohémien chic.

Le couturier propose également des robes "très princesse", bustier, dos nu ou à fines bretelles croisées, brillantes, avec paillettes, cristaux, microperles et strass brodés.

Après le défilé, les invités ont pu (re)découvrir 80 pièces de précédentes collections Armani, qui seront exposés au Palais de Tokyo du 22 au 26 janvier.

ctx/gg

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