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Cambodge: 11 militants interpellés lors d'une manifestation

21/01/2014 01:34 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Onze personnes, dont un leader syndical, ont été interpellées mardi à Phnom Penh lors d'un rassemblement pour réclamer la libération d'autres militants emprisonnés, ont indiqué des témoins, alors que le Cambodge a interdit toute manifestation dans la capitale.

Rong Chhun, président de la Confédération cambodgienne des syndicats, et dix autres personnes, ont été emmenés par la police alors qu'ils tentaient de remettre une pétition à des ambassades occidentales pour leur demander d'intervenir en faveur de la libération de 23 personnes arrêtées au début du mois lors de la répression sanglante d'un rassemblement d'ouvriers du textile.

Les forces de l'ordre avait ce jour là ouvert le feu sur les manifestants qui réclamaient de meilleurs salaires, tuant au moins quatre personnes.

Le lendemain, les autorités interdisaient toute nouvelle manifestation à Phnom Penh, dispersant un rassemblement de l'opposition qui réclame depuis des semaines la démission du Premier ministre Hun Sen.

"Les actes brutaux des autorités feront seulement souffrir Hun Sen, pas nous. La communauté internationale va le condamner", a déclaré à l'AFP par téléphone Rong Chhun, alors qu'il était emmené par la police. "Nous exercions juste notre liberté d'expression".

Parmi les personnes interpellées se trouvent également les militantes du droit de la terre Tep Vanny and Yorm Bopha, déjà brièvement détenues il y a quelques jours pour les mêmes raisons.

Le porte-parole de la municipalité de Phnom Penh, Long Dimanche, a confirmé que les onze militants étaient détenus "temporairement" pour un rappel à la loi, les manifestations étant interdites.

"Les autorités ne peuvent pas leur permettre d'avoir des activités anarchiques", a-t-il ajouté.

Hun Sen, au pouvoir depuis près de trente ans, fait face à une fronde grandissante des ouvriers du secteur textile --crucial pour l'économie du pays--, et de l'opposition.

Selon les résultats officiels, le Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir a, malgré son plus mauvais score depuis 1998, remporté 68 sièges aux législatives de juillet 2013, contre 55 au Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) du leader de l'opposition Sam Rainsy.

Mais le CNRP a revendiqué la victoire, dénonçant des fraudes massives et un "coup d'Etat constitutionnel". Ses députés boycottent l'Assemblée nationale depuis l'ouverture de la législature en septembre, mais Hun Sen a déclaré plusieurs fois qu'il ne démissionnerait pas.

suy-abd/ros

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