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Thaïlande: les manifestants antigouvernement se mobilisent dans le sud

20/01/2014 06:31 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Des manifestants antigouvernement ont assiégé lundi des bâtiments gouvernementaux dans plusieurs provinces du sud de la Thaïlande, dans le cadre du mouvement lancé il y a plus de deux mois pour chasser la Première ministre Yingluck Shinawatra, selon les autorités.

Les militants ont bloqué l'entrée des administrations locales dans douze provinces du sud, bastion de l'opposition, pour empêcher les fonctionnaires d'aller travailler, une tactique déjà maintes fois employée à depuis le début de leur mobilisation à l'automne.

Les manifestants, qui ont lancé il y a une semaine une opération de "paralysie" de la capitale qui s'est depuis essoufflée et n'a pas eu l'effet escompté de forcer Yingluck à la démission, réclament, outre la tête de cette dernière, la fin de l'influence de son frère Thaksin Shinawatra.

L'ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006 reste le personnage à la fois le plus aimé et le plus détesté du royaume, accusé d'être au coeur d'un système de corruption généralisée et de gouverner depuis son exil par l'intermédiaire de sa soeur.

Depuis le début de la crise politique à l'automne, neuf personnes ont été tuées, la plupart abattues dans des circonstances troubles, et les manifestations ont été victimes de plusieurs attaques d'assaillants non identifiés.

Vendredi et dimanche, des grenades ont été lancées en plein jour sur une foule de manifestants, faisant un mort et des dizaines de blessés, et faisant craindre une escalade de la violence à l'approche des élections du 2 février que les manifestants, qui veulent remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple" non élu, ont promis d'empêcher.

Yingluck a convoqué ces élections anticipées pour tenter de sortir de l'impasse, mais les manifestants ne veulent pas de ce scrutin dont le parti au pouvoir est une nouvelle fois favori, et le principal parti d'opposition le boycotte.

Le gouvernement a répété lundi qu'il était prêt, si besoin, à déclarer l'état d'urgence, ce qui donnerait plus de pouvoir à l'armée.

"Nous ne pouvons pas permettre que plus de violences se produisent", a déclaré le vice-Premier ministre Surapong Tovichakchaikul.

Le royaume est régulièrement secoué par des violences politiques depuis le coup d'Etat contre Thaksin.

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