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Soudan du Sud: poursuite des combats, l'ONU dénonce une tentative d'intrusion dans une de ses bases

20/01/2014 07:27 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Les combats se poursuivaient lundi au Soudan du Sud pour le contrôle d'une ville pétrolière stratégique, alors que l'ONU dénonçait la tentative d'intrusion des forces gouvernementales dans l'une de ses bases.

"Nous nous battons dans la ville pour regagner le contrôle complet de Malakal", la capitale de l'Etat du Haut-Nil (nord-est), a affirmé le porte-parole de l'armée Philip Aguer à l'AFP, ajoutant que les soldats gouvernementaux contrôlaient toujours le nord de la ville et les rebelles le sud.

Malakal est, comme Bor, capitale du Jonglei (est), et Bentiu, capitale de l'Unité (nord), l'un des principaux foyers du conflit qui sévit au Soudan du Sud depuis mi-décembre.

Lundi, Bor, reprise le 18 janvier par l'armée, était "calme", a ajouté M. Aguer. "Mais nous sommes à la poursuite des rebelles" à une soixantaine de km au nord de la ville, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est cependant dit "particulièrement préoccupé" par un incident survenu dans la base de l'ONU située dans la capitale du Jonglei, qui rend "de plus en plus difficile" le travail des Casques bleus sur le terrain.

Selon l'ONU, du personnel onusien a été menacé par des soldats gouvernementaux à qui des Casques bleus venaient de refuser l'accès de la base, qui abrite environ 10.000 réfugiés.

L'armée sud-soudanaise dément cette version, affirmant avoir simplement voulu vérifier des informations selon lesquelles la base abritait des rebelles, ce que nie l'ONU.

Rues jonchées de cadavres

De Bor, qui a changé quatre fois de mains depuis le début des combats au Soudan du Sud mi-décembre, ne restent aujourd'hui que des bâtiments rasés ou carbonisés, a constaté dimanche un journaliste de l'AFP.

Des cadavres en décomposition jonchent des rues où l'odeur prend à la gorge.

S'exprimant depuis l'hôpital de la ville, deux habitantes, Achin Mapio et Mary Yar, ont dit avoir été violées par des rebelles quand ceux-ci contrôlaient la ville et avoir assisté à des exécutions de malades.

"Ils sont venus plusieurs fois pour nous. Nous avons peur que ces gens reviennent nous violer. Plusieurs sont venus pour nous. Ils nous ont même mordus, ils voulaient nous tuer", livre seulement de son calvaire la première, 39 ans et mère de sept enfants.

Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par des combats alimentés par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet.

M. Kiir accuse M. Machar et ses alliés de tentative de coup d'Etat. L'ancien vice-président nie et reproche à M. Kiir de se servir de ces accusations comme prétexte pour éliminer ses rivaux.

Les combats, qui s'accompagnent de massacres ethniques entre les Dinka de M. Kiir et les Nuer de M. Machar, ont déjà fait des milliers de morts et près d'un demi-million de déplacés.

Les violences prennent leur source dans de vieilles rivalités entre ex-rebelles sudistes ayant combattu le régime de Khartoum durant la guerre civile soudanaise (1983-2005) et devenus dirigeants à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, auxquelles se greffent des rancoeurs au sein des diverses ethnies du pays.

Des atrocités sont imputées aux deux camps par des ONG et les Nations unies.

La semaine dernière, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux droits de l'Homme, Ivan Simonovic, a parlé de "tueries massives, d'exécutions extra-judiciaires, de destructions à grande échelle, de pillages et de recrutement d'enfants-soldats".

Depuis de longues semaines, la communauté internationale, en particulier l'ONU, les Etats-Unis et les pays d'Afrique de l'Est, tentent d'amener les deux camps à signer un cessez-le-feu dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Mais les pourparlers de paix n'ont pour l'instant débouché sur aucune avancée concrète.

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