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Réactions rwandaises à la mort d'un opposant: un expert de l'ONU souhaite des éclaircissements

20/01/2014 02:17 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Un expert de l'ONU, en visite au Rwanda, va demander des éclaircissements concernant des réactions de responsables rwandais semblant se réjouir du meurtre présumé d'un dissident rwandais en exil en Afrique du Sud, a-t-il indiqué lundi à l'AFP.

"Je voudrais comprendre certaines déclarations que j'ai lus dans les médias - pas sûr qu'ils soient corrects - attribuées à des officiels rwandais, célébrant la mort d'un membre de l'opposition", a déclaré Maina Kiai, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association.

Patrick Karegeya, ex-chef des services de renseignements extérieurs rwandais, devenu un féroce critique du président Kagame, a été retrouvé mort apparemment étranglé le 1er janvier à Johannesburg. La police d'Afrique du Sud, où il vivait en exil depuis six ans a ouvert une enquête pour meurtre.

M. Kiai n'a pas précisé quels commentaires il visait, indiquant simplement qu'il ne s'agissait pas de ceux du président rwandais, Paul Kagame, au sujet desquels Washington s'est récemment dit "profondément inquiet".

"La trahison a des conséquences", avait déclaré publiquement mi-janvier le président Kagame, sans se référer explicitement au sort de Karegeya.

Sur Twitter, la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo avait décrit Karegeya comme un "ennemi auto-proclamé de (son) gouvernement et de (son) pays". "Vous attendiez-vous à de la pitié?", avait-elle répondu à quelqu'un lui demandant de réagir à son décès.

Il a également indiqué qu'il aborderait notamment avec les responsables rwandais les "plaintes à propos de partis qui ont tenté de se faire enregistrer et qui ont dû attendre quatre ans", allusion au Parti démocratique vert qui a finalement été enregistré en août.

"La liberté d'association inclut l'association des partis politiques et le fait d'accepter qu'ils puissent être des partis d'opposition et que les partis d'oppositions ont le droit de tenter d'accéder au pouvoir (...) Tant qu'il n'y a pas d'incitation à la violence", a-t-il poursuivi.

Mandaté par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, M. Kiai, est au Rwanda jusqu'au 27 janvier.

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