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L'idée qu'Assad puisse se représenter est "absurde" (responsable américain)

20/01/2014 03:33 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Un haut responsable américain a jugé "absurde" lundi l'idée que le président syrien Bachar al-Assad puisse se représenter, comme il l'a lui-même annoncé dans une interview exclusive à l'AFP.

Ce responsable américain a aussi émis de sérieux doutes sur le fait que le régime de Damas puisse organiser des "élections libres et justes".

Bachar al-Assad a indiqué dans une interview exclusive à l'AFP dimanche qu'il y avait de "fortes chances" qu'il brigue un nouveau mandat et exclu de confier un futur gouvernement à un opposant, à deux jours de la conférence de paix sur la Syrie dite de Genève II.

Ce rendez-vous, qui doit réunir pour la première fois autour d'une même table pouvoir et opposition, est censé s'ouvrir mercredi en Suisse et trouver une issue politique au conflit qui a fait plus de 130.000 morts depuis mars 2011.

"Je considère que rien n'empêche que je me porte candidat (...) et si l'opinion le souhaite, je n'hésiterai pas une seconde à le faire. Bref, on peut dire qu'il y a de fortes chances que je me porte candidat", a dit M. Assad lors de cet entretien réalisé au palais du Peuple à Damas.

Lundi, un haut responsable du département d'Etat a balayé cette idée d'un revers de main, la qualifiant "d'absurde": "On parle d'un type qui a utilisé des roquettes Scud. On parle d'un type qui a eu recours à des armes chimiques à plusieurs reprises, tuant litéralement des milliers de personnes. On parle d'un type qui a encerclé des villes entières et les a affamées", a-t-il martelé lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Il a ajouté que depuis que la famille Assad avait pris le contrôle de la Syrie en 1970, il n'y avait "jamais eu d'élections libres et justes dans le pays".

Agé de 48 ans, M. Assad, au pouvoir depuis juillet 2000, a succédé à son père Hafez al-Assad, décédé en juin 2000 après avoir dirigé le pays durant 30 ans.

"L'idée que des observateurs internationaux puissent venir en Syrie au beau milieu de la guerre pour surveiller un processus électoral dont la famille (Assad) contrôle tous les rouages est absurde", a-t-il lancé.

L'un des autres problèmes, a noté le diplomate, est qu'un tiers de la population syrienne a été déplacée que ce soit à l'intérieur du pays ou hors des frontières.

"Comment voulez-vous organiser un système d'enregistrement des électeurs et des candidats" dans un tel chaos?, a-t-il encore interrogé.

"De très nombreuses questions techniques se posent, ainsi que des questions de crédibilité", a-t-il estimé.

jkb/sam/chv

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