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JO-2014 - Entre passé et avenir

20/01/2014 05:10 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Les jeux Olympiques de Sotchi (7-23 février) voyageront entre la gloire promise au quadragénaire norvégien Bjoerndalen, en passe de devenir l'athlète le plus médaillé aux JO d'hiver, et l'avenir, avec l'arrivée de nouvelles disciplines.

Un monde les sépare. D'un côté le nageur américain Michael Phelps, détenteur depuis les Jeux de Londres du record absolu des médailles olympiques (22), tête de gondole planétaire et multimillionnaire.

De l'autre, le biathlète norvégien Ole Einar Bjoerndalen (40 ans, 11 médailles depuis 1994). Méconnu du grand public en dehors de la Scandinavie, ce monument du sport n'a besoin que d'un podium pour rejoindre son compatriote, le fondeur Bjorn Daehlie (12 médailles entre 1992 et 1998) au Panthéon des disciplines hivernales.

La comparaison entre Phelps et Bjoerndalen, dont la réputation n'a pas dépassé le cercle fermé des sports de neige, illlustre bien la différence entre les JO d'été et d'hiver, qui génèrent deux fois moins de revenus globaux. Alors que plus de 10.500 athlètes étaient présents à Londres en 2010, ils ne seront qu'environ 3.000 aux Jeux de Sotchi, éclatés entre deux sites principaux (les sports de glace au bord de la Mer Noire, le reste dans la station de Rosa Khoutor dans les montagnes).

Pour attirer d'autres regards sur le rendez-vous hivernal, le CIO a introduit douze nouvelles épreuves, dans sept disciplines. Parmi elles, le saut à skis féminin, l'épreuve par équipe en patinage artistique mais surtout le slopestyle et l'épreuve du halfpipe en ski acrobatique.

Décibels et +Tomate volante+

Deux des spécialités qui ont fait le succès des X Games, la compétition référence des sports extrêmes aux Etats-Unis, savant mélange de spectacle rythmé, couleurs et décibels, incarné par l'Américain Shaun White (Flying Tomato, +tomate volante+), immortalisé sur consoles de jeux.

Entre les accoutrements colorés des "free-stylers" et les combinaisons moulantes des adeptes du ski alpin, au programme olympique depuis 1936, les JO vont s'offrir un voyage dans le temps.

Comme un symbole de cette lutte à distance entre modernes et anciens, les épreuves de freestyle (bosses) et snowboard débuteront avant même la cérémonie d'ouverture, programmée le vendredi 7 février, alors que la descente, prévue le dimanche 9, constituera le premier temps fort des JO.

Un grand favori de cet événement: le Norvégien Aksel Lund Svindal, maître des épreuves de vitesse, vainqueur de 2 descentes (sur 5) et 2 Super-G depuis le début de la saison. Qui peut s'opposer à cette hégémonie ? Pourquoi pas l'Américain Bode Miller, 36 ans, déjà détenteur de 5 médailles olympiques, dont 3 décrochées en 2010.

Dans les disciplines techniques (slalom, géant), la lutte s'annonce particulièrement intense entre l'Autrichien Marcel Hirscher, l'Américain Ted Ligety et les Français Alexis Pinturault, Thomas Fanara et Jean-Baptiste Grange.

Chez les dames, en l'absence de la super-star Lindsey Vonn, blessée à un genou, l'Allemande Maria Höfl-Riesch, 29 ans, va se trouver bien seule face à la vague montante incarnée par l'Américaine Mikaela Shiffrin, 18 ans, reine du slalom, la Suissesse Lara Güt et la skieuse du Liechtenstein Tina Weirather, dont la mère, Hanni Wenzel, décrocha trois médailles dont deux en or (slalom et géant) en 1980 à Lake Placid.

Le royaume des hommes volants féminisé

Ce duel entre jeunes ambitieux et anciens résistants pimentera également les épreuves de patinage artistique, chez les messieurs où le Canadien Patrick Chan, déjà triple champion du monde à 23 ans, devra résister, entre autres, au très prometteur Kazakh Denis Ten (20 ans). Comme chez les dames, où la jeune Russe, Julia Lipnitskaia, 15 ans, tout juste sacrée championne d'Europe, rêve de se mêler à la lutte entre la Coréenne Kim Yu-Na et la Japonaise Mao Asada, qui avaient accaparé les deux premières places aux JO de Vancouver.

Le souvenir de 2010 teintera également le tournoi de hockey, quatre ans après la finale homérique remportée par le Canada aux dépens des Etats-Unis.

Enfin, au royaume des hommes volants, le Suisse Simon Ammann, déjà quatre fois champion olympique (2002, 2010) peut prétendre à de nouveaux titres, en l'absence probable de son principal adversaire, l'Autrichien Thomas Morgenstern, victime d'une spectaculaire chute le 10 janvier à l'entraînement. Le saut à ski s'offrira d'ailleurs une cure de jouvence, avec le premier concours féminin, promis à la Japonaise Sara Takanaski.

Agée de seulement 17 ans, ce petit prodige a accumulé 8 succès en Coupe du monde depuis le début de l'hiver.

Avec Takanashi, tout juste sortie de l'adolescence, et Ammann, 32 ans, le saut à skis pourrait lui aussi incarner ces JO, à cheval entre passé et avenir.

pga/ol/jde

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