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Conference de Genève: l'ONU retire son invitation à l'Iran

20/01/2014 04:55 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Moins de 24 heures après l'avoir invité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a décidé lundi d'exclure l'Iran de la conférence de paix en Syrie qui s'ouvre mecredi en Suisse.

Selon son porte-parole Martin Nesirky, M. Ban "a décidé que la réunion d'un jour à Montreux (Suisse) aura lieu sans la participation de l'Iran".

Il a justifié cette décision par le refus iranien de soutenir un gouvernement de transition en Syrie comme le prévoit le "communiqué de Genève" signé par les grandes puissances le 30 juin 2012.

"De hauts responsables iraniens avaient affirmé au secrétaire général que l'Iran comprenait et soutenait la base des discussions et l'objectif de la conférence", c'est-à-dire "l'instauration d'un gouvernement de transition en Syrie ayant les pleins pouvoirs exécutifs", a expliqué M. Nesirky.

Mais le gouvernement iranien, soutien sans faille du président Bachar al-Assad, avait ensuite affirmé lundi que sa participation à la conférence n'impliquait aucune condition. L'opposition syrienne avait alors menacé de ne pas participer à la conférence, dite de "Genève 2". Celle-ci s'ouvre mercredi à Montreux et se poursuivra à partir de vendredi à Genève, mais uniquement entre les délégations du pouvoir et de l'opposition.

Toujours selon son porte-parole, M. Ban, qui devait s'envoler lundi soir pour la Suisse, a été "profondément déçu par les déclarations publiques de l'Iran aujourd'hui qui ne correspondent pas du tout à l'engagement" pris par les responsables iraniens dans leurs contacts avec lui.

"Il continue d'exhorter l'Iran à se joindre au consensus international de soutien au communiqué de Genève". "Etant donné que (l'Iran) a choisi de rester en dehors de cet accord de fond, il a décidé que la réunion d'un jour à Montreux aura lieu sans la participation de l'Iran".

Les Etats-Unis, le Royaume uni et la France avaient tous trois fait d'un soutien iranien au communiqué de Genève une condition sine qua non de sa présence à Montreux, où près de 40 pays sont conviés. Un responsable du département d'Etat s'exprimant anonymement avait même enjoint l'ONU de "retirer" son invitation, annoncée à la presse par Ban Ki-moon lui-même dimanche soir.

De son côté, la Russie, autre fidèle allié de Damas, a toujours été favorable à la participation iranienne. Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov avait estimé lundi qu'exclure l'Iran serait "une erreur impardonnable".

M. Nesirky a tenu à rappeler que l'ONU avait essayé de faire en sorte "que tous ceux qui peuvent contribuer à la réussite d'un processus de paix en Syrie soient présents à Montreux".

Alors que la guerre en Syrie a déjà fait plus de 130.000 morts depuis mars 2011, "les parties (au conflit), la région et la communauté internationale ont l'occasion et la responsabilité de mettre fin à la violence et d'amorcer une transition vers une nouvelle Syrie", a conclu le porte-parole.

avz/mr

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