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Chine: les inégalités sociales ont légèrement reculé en 2013 (gouvernement)

20/01/2014 06:44 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Les inégalités sociales criantes en Chine n'ont que très marginalement reculé l'an dernier en Chine et restent à un niveau élevé, alimentées par le fossé entre campagnards et citadins, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le coefficient de Gini, qui mesure la répartition des richesses, s'est établi en Chine à 0,473 en 2013, contre 0,474 l'année précédente, a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS).

Sur cette échelle, la valeur zéro représente une égalité totale de revenus et le chiffre 1 leur concentration dans les mains d'une seule personne.

L'ampleur des inégalités au sein de la deuxième économie mondiale est une source de mécontentement parmi la population.

Le BNS avait publié pour la première fois en 2000 le coefficient de Gini pour la population chinoise (il s'élevait alors à 0,412), mais il s'était ensuite refusé à dévoiler toute actualisation de ce chiffre pendant plus de dix ans, avant d'en recommencer la publication début 2013.

Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, le coefficient de Gini pour la Chine était de 0,421 en 2009.

"Ce n'est pas un niveau bas. Selon les critères internationaux, un coefficient supérieur à 0,4 signifie qu'il subsiste des inégalités importantes à résoudre dans la répartition des revenus", a commenté lundi devant la presse Ma Jiantang, directeur du BNS.

M. Ma a par ailleurs précisé que le revenu moyen des résidents urbains représentait l'an dernier 3,03 fois celui des résidents ruraux --contre 3,33 fois en 2009.

Ainsi, le revenu annuel net des ruraux s'est établi à 8.896 yuans (1.080 euros) en moyenne, et le revenu annuel disponible moyen des citadins à 26.955 yuans (3.264 euros).

Tout en encourageant l'urbanisation --en promouvant une réforme des permis de résidence visant à faciliter l'installation en ville des ruraux--, le gouvernement cherche à dynamiser le développement des campagnes.

Témoin d'un timide rééquilibrage, le revenu net annuel des résidents des zones rurales a progressé de 9,3% en 2013, alors que celui des urbains ne progressait que de 7,0% (après ajustement en fonction de l'inflation).

"On peut noter quelque changements structurels positifs en 2013: les inégalités villes-campagnes tout comme les disparités régionales (entre les régions côtière et l'intérieur du pays) se sont réduites", ont observé dans une note les analystes de la banque Barclays.

"Ce sont les salaires des travailleurs migrants qui ont enregistré l'an dernier la progression la plus rapide", ont-ils également relevé. Le niveau de revenus mensuel moyen de ces derniers a en effet bondi de 13,9% sur un an à 2.609 yuans, selon le BNS.

La Chine compte désormais 268,9 millions de travailleurs migrants, en hausse de 2,4% sur un an, a-t-il ajouté.

jug/ros

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