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Chine: la croissance a répété en 2013 sa plus faible performance depuis 1999

20/01/2014 05:19 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

La croissance économique chinoise s'est établie à 7,7% en 2013, stable par rapport à 2012, année où elle avait enregistré sa plus faible performance depuis treize ans, a annoncé le gouvernement lundi, mettant en garde contre des déséquilibres persistants et l'endettement public.

Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a progressé de 7,7% sur un an, ralentissant après le regain de vigueur du trimestre précédent (+7,8%), a précisé le Bureau national des Statistiques (BNS).

La croissance pour 2013 est supérieure à l'objectif de 7,5% adopté par les autorités, et ressort parfaitement conforme à la prévision médiane d'un panel de quatorze économistes interrogés précédemment par l'AFP.

Ces derniers tablaient en revanche sur un ralentissement plus marqué du PIB sur les trois derniers mois de 2013, à +7,6% seulement.

"L'économie chinoise a fait preuve d'une dynamique encourageante en 2013, avec une croissance stable et modérée obtenue au prix de durs efforts", s'est félicité Ma Jiantang, directeur du BNS, tout en admettant que "des problèmes profondément enracinés (...) restaient à résoudre".

Après un net ralentissement de l'économie au premier semestre de l'année, Pékin avait adopté en juillet des mesures de relance, notamment fiscales: celles-ci avaient permis un sursaut de l'activité, mais qui s'est avéré très momentané.

Et loin des années fastes de croissance à deux chiffres de la dernière décennie, l'économie chinoise pourrait connaître une décélération très contrôlée.

En poste depuis mars, le président Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang affichent en effet leur intention de rendre le pays moins dépendant des exportations et des investissements dans les industries lourdes --secteur en sévère surcapacité--, tout en mettant l'accent sur la consommation intérieure.

Ce rééquilibrage vise des effets bénéfiques à long terme, mais est propre à rogner la croissance économique dans l'immédiat.

Et la route est encore longue: selon les statistiques du BNS, la part des investissements dans la croissance du PIB a en fait gonflé l'an dernier, à 54,4%, tandis que la part de la consommation reculait.

Un rééquilibrage délicat

Une série de statistiques mensuelles, dévoilées lundi, ont offert un tableau mitigé. La production industrielle a ainsi enregistré en décembre sa plus faible progression depuis cinq mois.

"Ce qui a principalement pesé, c'est une baisse des investissements dans les infrastructures ces derniers mois, alors que les autorités centrales réaffirment avec fermeté leur volonté de contrôler à la fois le crédit et l'endettement des collectivités locales", a expliqué Wang Tao, économiste d'UBS Securities.

Pékin s'inquiète du gonflement des dettes des institutions locales (+67% en deux ans selon un audit national publié fin décembre), ceux-ci ayant multiplié les investissements à crédit et peu rentables.

Les autorités centrales ont déjà entrepris de limiter ces dettes, mais aussi d'endiguer la spéculation et la folle envolée des prêts, et entendent restreindre la "finance de l'ombre" en plein essor (des établissement de crédit non conventionnels et peu régulés).

La banque centrale chinoise a ainsi réduit les liquidités qu'elle injecte dans le système financier --ce qui devrait maintenir cette année la pression sur l'activité économique.

Selon la prévision médiane des économistes interrogés par l'AFP, la croissance devrait ralentir en 2014 à 7,5%.

Selon eux, le plus délicat pour les autorités sera de maintenir une croissance suffisante tout en défendant le cap des réformes structurelles promises, qui visent dans l'ensemble à accorder un rôle accru au secteur privé dans une économie encore très contrôlée par l'Etat.

"Tant que le gouvernement concentrera ses efforts à maîtriser la croissance du volume des crédits, il faut s'attendre à voir les investissements et l'ensemble de l'économie ralentir", ont averti les experts du cabinet Capital Economics.

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