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BIXI se place sous la protection de la loi sur la faillite

20/01/2014 02:23 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Étouffée par les dettes, la Société de vélo en libre-service (SVLS), qui gère BIXI, se place sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. Le maire de Montréal Denis Coderre a toutefois assuré qu'il y aura une saison BIXI 2014.

M. Coderre faisait le point lundi après-midi sur la situation critique de BIXI.

« À notre arrivée en poste, on nous a dressé le portrait financier de SVLS, et celui-ci est précaire. Depuis plusieurs années, la Ville a soutenu financièrement SVLS, notamment en lui accordant un prêt de 37 millions de dollars, dont le solde actuel est de 31,6 millions, et une garantie de prêt de 11 millions, dont 6,4 millions sont déjà engagés. SVLS ne pouvant honorer ses obligations financières ni trouver une solution viable à court terme, et compte tenu de l'incertitude quant à la possibilité de récupérer les sommes consenties par la Ville, nous avons choisi d'agir au lieu d'attendre. », a déclaré Denis Coderre.

« Ce n'est pas aux contribuables de prend des risques [...] C'est une décision mûrement réfléchie et nous ne mettrons pas de somme supplémentaire », a dit M. Coderre pour justifier la décision de la Ville.

Aucune perte d'emploi n'est prévue pour le moment.

On ne connaît toutefois pas l'avenir de BIXI après 2014. M.Coderre a déclaré que les titulaires d'abonnement ne devraient pas s'inquiéter pour la prochaine saison, mais il se donne six mois pour discuter de la restructuration de BIXI. « On est dans un contexte de transition », a dit M. Coderre.

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville et chef de Projet Montréal, Richard Bergeron appuie totalement la décision de M. Coderre.

Après cinq saisons de BIXI, M. Bergeron croit qu'il faut sortir de cette « fiction » créée par l'ancien maire Gérald Tremblay, qui a conçu le service de BIXI comme étant une entreprise commerciale. Vingt-cinq millions ont été investis dès le départ pour la conception et la réalisation des 5000 premiers vélos, en croyant qu'on ferait ensuite beaucoup d'argent avec le BIXI.

« Aujourd'hui c'est une dette minimum de 40 millions. Les 25 millions du début consolidés ensuite dans une dette de 36 millions plus un autre prêt de 11 millions sur lesquels on a déboursé 6 millions, plus des poursuites. Parce que BIXI a des problèmes au niveau de l'informatique dans des villes américaines [...] et on n'a pas de garantie que ça ira mieux », a dit . Bergeron.

Et M. Bergeron et M. Coderre ont dit que les Montréalais aimaient le BIXI et qu'ils feront tout ce qui est possible pour en assurer la survie. Ni l'un ni l'autre n'ont toutefois pu dire qui devrait prendre la relève de SVLS pour en assurer la survie.

De son côté, la directrice de Vélo Québec, Suzanne Lareau, se dit inquiète :

« J'entends M. Coderre me dire " Ah oui, on est responsable, il fallait le faire ". D'un autre côte, on veut que le BIXI vive. Mo, j'entends des messages qui sont discordants et ça, ça m'inquiète beaucoup. Dans un premier temps, on nous dit que les activités de la saison 2014 ne sont pas remises en question. Moi, je ne suis pas sûr de ça. Je pense que la loi de protection de la faillite il y a un délai de 6 mois, pas sûr. Si c'est le cas, ça nous amène à la mi-juillet. Donc, on demanderait à BIXI, en six mois, de restructurer ses activités financières alors que BIXI tente de vendre son volet international depuis un à deux ans, donc c'est pas en six mois qu'il va réussir à le vendre. », dit-elle.

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