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Surveillance: le stockage des données, le casse-tête de la réforme d'Obama

19/01/2014 04:00 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Le stockage des données, actuellement entre les mains de la NSA, sera le grand casse-tête du Congrès et du gouvernement américains dans les mois à venir, dans le cadre de la réforme des opérations de surveillance annoncée par Barack Obama.

En présentant vendredi son intention de rogner les pouvoirs de l'agence nationale de renseignement NSA, le président américain a laissé de grandes zones d'ombre sur la manière dont les milliards de métadonnées téléphoniques collectées seraient désormais stockées et par qui.

"Je pense qu'une nouvelle approche est nécessaire", a promis Barack Obama, en faisant le voeu que ces données --numéros appelés, heures et durées des appels-- changent de mains.

Il a chargé le directeur du Renseignement James Clapper et le ministre de la Justice Eric Holder de lui faire leurs propositions d'ici fin mars, sans se prononcer sur l'entité qui sera dépositaire de toutes les informations collectées. Les entreprises de télécommunications ont déjà fait part de leurs réticences.

Pour la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, "le président a été très clair, il veut conserver ses capacités (de renseignement). Il veut trouver quelqu'un d'autre que le gouvernement pour garder les informations", a-t-elle expliqué dimanche sur la chaîne NBC.

"Les métadonnées ne seront pas détruites mais mises entre les mains d'une tierce partie extérieure", a également souligné le républicain Michael McCaul, président de la commission sur la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants.

"Mais il va y avoir un vrai problème en termes de capacités sur qui, en dehors de la NSA, va pouvoir s'occuper de ces informations, en particulier parce que les entreprises téléphoniques n'en veulent pas", a-t-il ajouté sur ABC.

"Tout cela comporte beaucoup d'incertitudes et nombre d'entre nous devrons y réfléchir profondément", a renchéri Mike Rogers, élu républicain à la tête de la commission du Renseignement de la Chambre.

Quelle entité va avoir la capacité de stocker et d'utiliser toutes ces données rapidement en cas d'alerte terroriste, sans porter atteinte à la vie privée des Américains?, se sont demandés ces élus.

Risques pour la vie privée

"Nous avons toute une collection de données privées (...) sur presque chaque Américain", a poursuivi Mike Rogers sur CNN. "Le président a choisi de les mettre entre des mains ou en un endroit privés, mais quel est cet endroit?".

M. Rogers a d'emblée écarté la possibilité que ce soit "des sociétés qui finissent par être la cible de cyberattaques".

Quant aux entreprises de téléphonie, qui ont exprimé leurs réticences, "elles ne sont pas équipées pour faire des fouilles instantanées et ne peuvent pas exploiter cette mine de données", a jugé l'ex-président de la Chambre des représentants, le républicain Newt Gingrich.

"Actuellement, nous avons la supervision d'un tribunal, la supervision de l'Inspecteur général, la supervision interne de la NSA, celle du ministère de la Justice, celle des commissions du Renseignement du Sénat et de la Chambre. Si vous transférez tout cela au secteur privé, vous perdez toute cette supervision", a poursuivi Mike Rogers sur CBS.

"Et vous ouvrez la porte à toutes les atteintes à la vie privée. Les avocats du divorce auraient de beaux jours devant eux, les détectives privés aussi", a-t-il fustigé, ajoutant: "les entreprises nous disent qu'elles crouleraient sous un déluge de demandes d'informations (...) alors qu'elles sont là pour aider leurs clients, pas pour travailler pour le gouvernement".

Pour Mike Morell, l'ancien directeur-adjoint de la CIA, "le gouvernement a des choses à apprendre du secteur privé sur la protection des données". "Je connais des industries du secteur privé qui font un travail extraordinaire", a-t-il assuré sur CBS.

Et si le gouvernement dans cette affaire "s'est montré incapable de protéger ses informations classifiées", M. Morell a promis qu'il n'y avait "pas eu d'abus systématique".

"La décision du président de ne pas mettre fin à la vaste collecte et au stockage des données de tous les Américains demeure éminemment troublante", a estimé pour sa part Anthony Romero, directeur de la puissante Union américaine de défense des libertés civiques (ACLU).

Pour Kevin Bankston, de la New America Foundation, "la bonne réponse ici serait d'arrêter complètement cette collecte tous azimuts, non de garder les données sous un toit différent".

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